Le contenu du Manifeste sur la souveraineté inquiète les «purs et durs»

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Le contenu du Manifeste sur la souveraineté inquiète les «purs et durs»

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Le député de Mercier, Daniel Turp, pilote une mise à jour de l'argumentaire souverainiste qui fera l'objet de discussions dans les rangs péquistes cette fin de semaine à Québec.

Photothèque Le Soleil, Jocelyn Bernier

Julie Lemieux
Le Soleil

(Québec) À quelques heures de la Conférence des présidents du Parti québécois et du dépôt du nouveau Manifeste sur la souveraineté, les purs et durs du PQ s'agitent pendant que d'autres militants suggèrent la formation d'un gouvernement de coalition avec l'ADQ.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, présentera aujourd'hui aux présidents et aux médias ce Manifeste qui vise à rafraîchir le discours souverainiste afin de l'inscrire dans la «modernité et la mondialisation».

Un groupe de travail formé de militants, de jeunes, d'élus, d'experts et de membres des communautés culturelles planche sur ce projet depuis le mois de mai. Le député de Mercier, Daniel Turp, pilote cette mise à jour de l'argumentaire souverainiste, qui fera l'objet de discussions dans les rangs péquistes cette fin de semaine à Québec.

Inquiets du contenu du Manifeste, le SPQ-Libre et son président, Marc Laviolette, ont pris les devants, hier, en réclamant haut et fort un référendum sur la souveraineté. Lors du dernier conseil national du PQ, en mars, Pauline Marois avait réussi à écarter cette demande du SPQ-Libre et à exclure l'obligation de la tenue d'un référendum dans un premier mandat péquiste. Mais après avoir rendu les armes et s'être rallié à la chef, ce club politique revient aujourd'hui à la charge. «Sans l'échéance du référendum, le mouvement souverainiste risque la dispersion, le fractionnement, l'étiolement. Seul le rendez-vous référendaire oblige à cibler sur l'essentiel, à discarter (sic) l'accessoire et à sonner le rappel des troupes», ont écrit Marc Laviolette et le secrétaire du groupe, Pierre Dubuc, dans un communiqué envoyé aux médias.

Pendant que ces purs et durs tentent de remettre la souveraineté à l'agenda péquiste, les militants André Joli-Coeur et André Binette proposent plutôt la formation d'un gouvernement de coalition entre l'ADQ et le PQ. Selon ces avocats, les deux partis d'opposition pourraient légalement former un tel gouvernement sans que des élections générales ne soient déclenchées.

«Si un Parlement n'est plus fonctionnel et que le peuple ne veut pas d'élections, il existe d'autres scénarios démocratiques et constitutionnels qui pourraient conduire à la formation d'un gouvernement Dumont-Marois à Québec, et même à un gouvernement Dion-Layton à Ottawa si le Bloc québécois y consentait», estiment les deux militants.

André Joli-Coeur, qui s'est présenté pour le PQ dans Louis-Hébert en 2007, est considéré comme un proche de Jacques Parizeau. En 1998, il avait défendu la thèse souverainiste devant la Cour suprême comme amicus curiae dans le renvoi sur la légalité de la sécession unilatérale du Québec.

Des discussions à huis clos sur le Manifeste auront lieu cet après-midi avec les présidents d'associations et la Conférence se terminera demain midi avec le discours de la chef du parti. Le 40e anniversaire de la fondation du Parti québécois sera en outre célébré ce soir lors d'un spectacle qui réunira sur scène des artistes comme Éric Lapointe, Paul Piché, Yves Lambert et Lynda Thalie.

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