Élections: sur la ligne de départ

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Jean-François Néron et Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Libéraux, adéquistes et péquistes, ils sont tous prêts à se lancer en campagne électorale. Y compris les partis d'opposition, qui dénoncent la volonté de Jean Charest de déclencher des élections générales.

Au moment où le premier ministre insiste pour dire qu'il n'a pas arrêté sa décision, les organisateurs se font discrets sur les données qu'ils considèrent «sensibles».

L'argent, nerf de la guerre, ne sera évidemment pas un problème pour le gouvernement libéral sortant. Pour 2007, le directeur général des élections rapporte que le Parti libéral du Québec a plus de 7 millions $ dans ses coffres. Le document signale que l'Action démocratique de Mario Dumont est venue à bout du déficit qu'elle traînait depuis 2007.

Le Parti québécois est encore de 800 000 $ «dans le rouge». Les stratèges péquistes refusent de s'en inquiéter, pour cause de bonne campagne de financement. De plus, un ancien directeur général du PQ, Jean Fournier, est chargé de serrer la vis aux organisateurs. Contrairement à 2007, les candidats péquistes ne dépenseront pas le maximum permis par la loi dans les circonscriptions jugées perdues d'avance.

À la recherche de locaux

Côté organisation sur le terrain, les députés libéraux ont reçu l'ordre, ces derniers jours, de trouver leur «local électoral». La même consigne a circulé au Parti québécois.

Au chapitre de la logistique, les trois partis semblent sur le même pied. Les autobus qui amèneront les chefs aux quatre coins de la province sont réservés. Le PQ ne fait aucune cachette qu'il est à «maquiller» ses autocars. Ces préparatifs sont aussi «très avancés» à l'Action démocratique du Québec.

Un certain mystère entoure les autobus du PLQ. Reprendra-t-il les véhicules qui ont servi à la campagne fédérale du libéral Stéphane Dion?

En ce qui concerne les candidatures, un stratège signale que le Parti libéral avait planifié avoir terminé entre 80 et 100 assemblées d'investiture avant Noël. Plusieurs ont déjà eu lieu. Par contre, Le Soleil s'est formellement fait démentir l'information voulant que les photos que les aspirants députés accrochent sur les poteaux de téléphone soient prises.

Des séances de photographie pour les publicités électorales ont cependant eu lieu au Parti québécois comme à l'Action démocratique du Québec. Dans le cas des adéquistes, «une très, très grosse partie des photos sont prises», a-t-on affirmé.

Les plates-formes politiques ne seront pas longues à peaufiner. Les libéraux de Jean Charest ont tenu un congrès, il y a quelques semaines, où ils ont notamment mis en évidence le Plan Nord. Samedi, à Québec, les présidents d'association du PQ ont travaillé sur des préparatifs pour présenter le Parti comme le plus apte à affronter la crise économique. L'ADQ, la formation la plus réticente à entrer en campagne, a en main plusieurs éléments qui formeront ses «engagements électoraux».

Sur la scène régionale

Au Parti libéral du Québec, le responsable des communications pour l'est de la province, Mathieu St-Pierre, explique qu'il y a des postes de candidat à pourvoir dans toutes les circonscriptions de la région de la capitale. Seules exceptions, Louis-Hébert et Jean-Talon, détenues respectivement par le ministre de l'Emploi, Sam Hamad, et celui de la Santé, Yves Bolduc.

La seule députée péquiste de la capitale qui a survécu au raz-de-marée adéquiste en 2007, Agnès Maltais, dans Taschereau, affirme se préparer intensivement depuis deux mois à la tenue d'élections. «Ça fait trois semai­nes que mon local est choisi et les téléphones sont installés», lance-t-elle.

Aucun candidat n'est confirmé dans les autres circonscriptions de la capitale. Toutefois, la situation ne l'inquiète aucunement. Pour Mme Maltais, les récentes élections fédérales faciliteront le travail de recrutement des bénévoles qui aideront le Parti québécois.

Même si elle se dit prête à partir en campagne, la députée Maltais regrette la décision que devrait confirmer M. Charest. «On sait tous qu'il veut profiter de l'effet 400e et du Sommet de la Francophonie pour aller en élections. Il fait passer ses intérêts personnels au-dessus des intérêts des Québécois », déplore Mme Maltais.

Au moment d'écrire ces lignes, l'Action démocratique du Québec n'avait toujours pas rappelé Le Soleil.

 

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