Le grand argentier du gouvernement fédéral a en effet pris prétexte de l'entrée de la province la plus riche du pays, l'Ontario, dans le club des mal nanties pour imposer un plafond à ce programme fédéral qui atteindra 14,2 milliards $ en 2009-2010.Dans un premier temps, l'Ontario recevra 347 millions $ l'an prochain, une première dans l'histoire du pays, tandis que le Québec obtiendra 327 millions $ de plus, soit 8,355 milliards $, selon la nouvelle formule.
Cette dernière impose maintenant un plafond correspondant au taux de croissance du produit national brut selon une échelle mobile répartie sur trois ans, a expliqué le ministre fédéral des Finances à la suite de sa rencontre avec ses homologues provinciaux.
Taux de croissance insoutenable
La nouvelle méthode de calcul ne change pas le principe même de la péréquation, a soutenu M. Flaherty en conférence de presse, mais le taux de croissance du programme devenait insoutenable, à son avis.
Dans un premier temps, le fédéral limite ainsi la hausse des paiements à 600 millions $, l'an prochain, au lieu des 2 milliards $ normalement prévus selon l'échelle actuelle.
La ministre québécoise Monique Jérôme-Forget estime de son côté qu'elle perd environ 45 ou 50 millions de $ sur le montant qu'elle attendait l'an prochain, et ce, «basé sur une hypothèse de travail», a-t-elle dit à l'issue de la réunion.
L'Ontario voisine, elle, gagnerait au change, a dit M. Flaherty, car elle n'aurait reçu qu'une centaine de millions de $ selon la méthode abrogée hier.
L'argent fédéral aidera Queen's Park à éponger le déficit de 500 millions de dollars que la province vient d'annoncer pour l'année en cours.
Constitution
Le programme de péréquation est inscrit dans la Constitution canadienne, mais sa mise en vigueur dépend uniquement du gouvernement fédéral, qui décide lui-même de ses paramètres en fonction de sa capacité de payer.
L'Ontario, a rappelé son ministre des Finances, Dwight Duncan, a déjà répondu aux critères de la péréquation cinq fois depuis la mise en place du programme, il y a une cinquantaine d'années.
Mais la province n'a jamais reçu d'argent, car Ottawa a modifié la formule à chaque occasion, ce qui lui a évité de signer le chèque.
Et si M. Flaherty avance que l'Ontario risque de recevoir des paiements pendant plusieurs années, M. Duncan se montre plus nuancé.
Ce dernier croit plutôt que sa province va s'en sortir rapidement, et affirme que, de toute manière, «nous nous payons nous-mêmes», une allusion à la revendication traditionnelle de sa province selon laquelle elle donne beaucoup plus qu'elle reçoit du fédéral.
Les ministres transmettront leurs conclusions à leurs premiers ministres respectifs, qui rencontreront Stephen Harper à Ottawa, lundi, pour une première rencontre de travail sur la crise économique.
M. Harper se rendra par la suite à Washington pour une réunion du G8 élargie aux représentants des économies émergentes. Le Parlement reprendra ses travaux le 18 de ce mois, et M. Flaherty présentera normalement sa Mise à jour économique et financière la semaine suivante.











