M. Harper ne veut absolument rien savoir de l'ouverture de «l'équivalent de débats constitutionnels sur un nouvel ordre international» dans le cadre de la crise économique en cours.
Contredisant la volonté de Nicolas Sarkozy d'entreprendre une refondation du système capitaliste, le Canada croit plutôt que les solutions à la crise sont bien connues, n'ont rien de mystérieux et relèvent de chaque gouvernement national.
«Le G20 ne devrait pas regarder dans le rétroviseur», souligne-t-on. Ce qui est passé est passé, c'est important, mais plus importante encore est la relance de l'économie, résume le porte-parole.
M. Harper profitera de sa participation à la rencontre des chefs de gouvernement du G20 accompagnés des dirigeants du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, demain et samedi, à Washington, pour rappeler à la mémoire de ses partenaires les bienfaits du modèle canadien.
Les présidents et premiers ministres se rencontreront dans un dîner d'État à la Maison-Blanche en soirée, demain, puis tiendront une session de travail de six heures en compagnie de leurs ministres des Finances, le lendemain.
Entrevue au Monde
Pour s'assurer que le message se rende à qui de droit, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a insisté dans une entrevue au journal Le Monde, dans son numéro d'aujourd'hui, sur le fait que «les Canadiens sont prudents dans leurs investissements et les banques aussi».
M. Flaherty ajoute à l'intention des lecteurs français que «le système financier est solide, avec les plus hauts standards en matière de capitalisation».
Confondant entrevue et commentaires, Le Monde écrit qu'«en matière de gestion des finances publiques, le Canada est reconnu comme un modèle». Il a «plus de marge de manoeuvre que les autres», estime M. Flaherty.
«Le pays, poursuit le journal, a choisi la méthode forte, il y a 14 ans, pour assainir ses finances, réduisant drastiquement la taille de l'État et de sa fonction publique, opérant des coupes claires dans les transferts financiers aux provinces.»
Lecture critique
Même si le bureau du premier ministre se montre heureux de cette entrevue, Le Monde se montre néanmoins critique sur la gestion du gouvernement conservateur.
Ainsi, «avec des allégements fiscaux majeurs en 2007 et une économie ralentie cette année, Ottawa voit fondre ses excédents et dispose de peu de moyens pour soutenir certains secteurs, comme l'automobile et la forêt, qui sont en plein marasme» , y lit-on.
De plus, «la baisse des cours des matières premières affecte son puissant secteur des ressources naturelles» , une donnée qui déstabilise en outre le dollar canadien.
Le gouvernement Harper confirme d'ailleurs ces contraintes en refusant encore de promettre son soutien à l'industrie automobile, par exemple.
Ottawa, dit-on, recherche des solutions à long terme, non des mesures qui ne feront que retarder une issue inévitable pour certains secteurs de l'économie.










