Milliken réélu malgré les critiques

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Raymond Giroux
Le Soleil

(Ottawa) On prend le même et on recommence. Malgré le fait que le dernier parlement a surtout fait parler de lui pour son mauvais fonctionnement et son indiscipline, les députés ont réélu à leur tête le libéral Peter Milliken, en place depuis 2001.

Le gagnant a été élu au cinquième tour d'un vote secret des 308 députés des Communes, face à deux adversaires conservateurs, et c'est d'ailleurs le seul vote secret qui existe au parlement fédéral.Selon le protocole, M. Milliken a ensuite été amené de force à son ancien siège par le premier ministre Stephen Harper et le chef de l'opposition Stéphane Dion, aux applaudissements de députés en apparence décidés à bien se comporter au cours de la prochaine session.

Les deux leaders, comme leurs homologues Gilles Duceppe et Jack Layton, ont promis de faciliter la tâche du président élu pour une quatrième fois à son poste.

«Il faut faire en sorte que nos débats soient productifs et civilisés», a dit M. Harper dans son bref discours de félicitations.

Aucun résultat n'était dévoilé à la suite de chacun des tours de scrutin que présidait le député bloquiste Louis Plamondon, assigné à cette tâche en vertu de son ancienneté aux Communes. Le gagnant devait obtenir 50 % plus un des votes de ses collègues.

Les candidats - cinq conservateurs, deux libéraux et un néo-démocrate - ont insisté l'un après l'autre dans leur discours de campagne, limité à cinq minutes, sur la nécessité de rétablir le décorum dans ce parlement minoritaire.

Aucun bloquiste ne sollicitait l'appui des élus tandis qu'un conservateur s'est présenté trop tard aux Communes pour retirer son nom de l'exercice.

Le fardeau de la preuve, dans les circonstances, revenait à M. Milliken, dont la gestion plutôt douce a plus d'une fois toléré des éclats que, à titre d'exemple, l'ancien vice-président Bill Blaikie ne laissait jamais passer, lorsqu'il avait à le remplacer.

M. Milliken, pour sa défense, a dit que le président à lui seul ne pouvait faire régner l'ordre que si les députés collaborent, ce qui n'a pas toujours été le cas dans une situation minoritaire comme celle qui règne depuis 2004.

Le président dirige les travaux des Communes et gère l'ensemble du parlement. Il touche pour cela un salaire de ministre, jouit d'un appartement de fonction et d'une résidence secondaire dans le parc de la Gatineau et d'un intéressant budget pour ses activités sociales et ses déplacements.

Sa première tâche, aujourd'hui, sera de présider à la lecture du discours du Trône qui lance officiellement les travaux du 40e parlement dans un message que le bureau du premier ministre a déjà décrit comme sans aspérités et voué aux priorités économiques de l'heure.

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