Fini le financement des partis politiques

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Fini le financement des partis politiques

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Dans la présentation de son énoncé économique et financier, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a annoncé que les hausses salariales dans la fonction publique seront limitées à 2,3 % en 2007-2008, et à 1,5 % chacune des trois années suivantes.

La Presse Canadienne

Raymond Giroux
Le Soleil

(Ottawa) L'énoncé économique et financier présenté jeudi par le ministre Jim Flaherty a tout pour attiser une crise politique, mais offre très peu de mesures concrètes pour résoudre l'autre crise, celle qui touche l'ensemble de la population et des gouvernements du pays.
Le gouvernement conservateur présente en effet en tête de liste des coupes qu'il juge essentielles au rétablissement de ses finances la fin des subventions aux partis politiques, une économie d'une trentaine de millions de dollars à peine.

Cet ensemble de mesures permet en théorie d'éviter un déficit budgétaire pour l'année en cours, avec un excédent de 0,8 milliard $ cette année, de 0,1 milliard $ chacune des deux années suivantes.

Mais M. Flaherty prévient d'entrée de jeu que «personne ne peut garantir à 100 % les projections financières contenues dans l'énoncé économique que je présente aujourd'hui».

Expliquant son intervention spectaculaire dans la vie démocratique, le ministre soutient que les Canadiens «ont confiance que leurs élus mettront (leur) argent au service de la société et qu'ils ne l'utiliseront pas à leurs propres fins».

«Or, la vérité est que l'argent des contribuables sert depuis longtemps à soutenir les partis politiques», un thème qui s'inscrit directement dans la mouvance idéologique de l'ancien Reform Party de Stephen Harper.

«Les partis politiques ont fini d'obtenir des avantages sans contrepartie et de laisser les contribuables payer la note, a ajouté M. Flaherty. Le train s'arrête ici.»

Rappelons que le premier ministre, entre ses deux passages dans la vie politique active, contestait sans cesse les contraintes imposées par la loi électorale.

En conférence de presse, M. Flaherty a ajouté que la situation actuelle «oblige les contribuables à payer pour des partis pour lesquels ils ne votent pas».

Les partis se verront donc privés à partir du 1er avril de la remise de 1,95 $ par électeur, ce qui prive dans les faits les partis d'opposition de près des deux tiers de leurs revenus, alors que les conservateurs, plus riches, ne perdent que le tiers de leur budget.

Le gouvernement limite de plus les dépenses des ministres et des sous-ministres, et inclut dans cette politique les frais consacrés aux services d'experts-conseils, aux services juridiques extérieurs et aux sondages.

Ottawa poursuivra la révision des programmes amorcée l'an dernier et s'attend à économiser ainsi 15 milliards $ au cours des cinq prochaines années. Il s'agit d'une extension de l'initiative qui a mené à l'abolition de certains programmes culturels plus tôt cette année.

M. Flaherty confirme également les limites des hausses salariales dans la fonction publique à 2,3 % en 2007-2008, et à 1,5 % chacune des trois années suivantes, une décision valable également pour les députés, les sénateurs, les ministres et les hauts fonctionnaires.

Le ministre ajoute toutefois un imprévu : il suspendra le droit de grève des fonctionnaires jusqu'à la fin de 2010-2011.

Toujours dans le monde du travail, Ottawa déjudiciarisera l'équité salariale en la laissant au libre jeu de la négociation collective, déchargeant au passage la Commission des droits de la personne de ce dossier.

Le gouvernement confirme par ailleurs le plafonnement des dépenses de péréquation annoncé lors de la réunion des ministres des Finances, au début du mois, à la suite de l'arrivée de l'Ontario dans le club des provinces mal nanties.

En attendant un éventuel plan de relance dans le budget de février, M. Flaherty a annoncé l'ajout de crédits de 350 millions $ chacun pour aider les exportateurs, par Exportation et développement Canada, et les PME, par la Banque de développement du Canada.

Le ministre a aussi offert un changement ponctuel qui permettra aux détenteurs d'un FERR de réduire de 25 % le retrait minimum requis pour l'année 2008.

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