Durs lendemains de défaite adéquiste

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Durs lendemains de défaite adéquiste

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Lucille Méthée et Linda Lapointe ont pensé, à leur arrivée à Québec, partager le même logis, question de réduire les frais. Mais on leur a alors dit qu'elles devraient aussi partager une seule allocation de logement.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Alain Bouchard
Le Soleil

(Québec) En mars 2007, la toute nouvelle députée adéquiste Lucille Méthée est accueillie à Québec par un problème de logement. À peine 20 mois plus tard, elle est «renvoyée» de Québec avec un autre problème de logement sur les bras. Et entre les deux, «un tourbillon incessant» qui a siphonné complètement son existence.

Lorsque 56 nouveaux députés se sont installés au Parlement en 2007, portés par la vague adéquiste, Le Soleil est allé voir comment se débrouillaient ceux de l'extérieur de la région. Après le dernier scrutin, nous avons refait l'exercice à l'envers, avec deux des mêmes nouvelles élues... cette fois battues, Lucille Méthée, de Saint-Jean, et Linda Lapointe, de Groulx, candidate elle aussi de l'Action démocratique du Québec.Toutes deux mères de plusieurs enfants, Mmes Méthée et Lapointe avaient à l'époque convenu de partager un appartement, question de réduire leurs frais. Mais alors, mesdames, se sont-elles fait dire, vous n'aurez qu'une allocation de logement pour les deux, au lieu d'une chacune!

Les deux femmes s'étaient dites indignées de voir que leur arrivée en politique leur faisait vivre le genre de «non-sens» qu'elles se promettaient justement de combattre en faisant de la politique!

Dehors, madame!

Cette fois-ci, Mme Méthée est de nouveau aux prises avec une affaire de logement, mais d'un autre ordre. Dans le bail qu'elle a signé pour un petit trois et demi du chemin Sainte-Foy, dans le quartier Montcalm, une clause indique qu'en cas d'un départ attribuable à une défaite électorale, le gouvernement verse une compensation de trois mois de loyer, conformément à l'usage.

Pas de problème jusque-là. Mais c'est le temps des Fêtes. Mme Méthée doit vider son bureau du parlement, celui de sa circonscription, bref réorganiser sa vie civile. Elle demande donc au propriétaire de vider son logement quelques jours après les Fêtes, ce qui ne l'empêche pas de louer. Elle prend même la peine de lui écrire une belle lettre qu'elle pense convaincante. Niet! Dehors, madame! Et tout de suite! Aucune compassion.

«C'est aussi ça, la vie politique, confie-t-elle au Soleil. On arrive, puis on repart en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Les nouveaux députés ont vécu 20 mois de chaos. Ce fut une période de rodage parlementaire accéléré. Et il fallait s'installer dans une autre ville en même temps. On n'a pas eu le temps de vivre une seconde!»

Mme Méthée est arrivée à Québec célibataire, en mère monoparentale de trois enfants de 24, 20 et 18 ans. Elle a eu 51 ans une semaine après sa défaite, et elle retourne à Saint-Jean toujours célibataire... à la recherche d'un emploi. Elle oeuvrait jadis au sein d'organismes communautaires. Elle n'a aucune idée de ce qui l'attend en 2009.

Tristesse et colère

Linda Lapointe, elle, avait décidé d'acheter un condominium aux Jardins Mérici, forte d'avoir vendu le supermarché qu'elle gérait dans sa circonscription. Elle n'a donc pas à partir à la hâte. Mais elle doit s'occuper de revendre son logis.

«J'habite trop loin pour en gérer la location», dit-elle.

Mme Lapointe, mère de quatre enfants de 16, 14, 12 et 9 ans, peut toujours compter sur la présence du père, contrairement à l'autre. Mais elle n'a pas non plus d'horizons professionnels devant elle.

«Peut-être que je ferai une maîtrise en administration, tiens! Puisque je viens de vivre l'équivalent de quatre diplômes universitaires en 20 mois!»

Elle aussi a trouvé le rythme infernal. «Nous étions en campagne électorale permanente à cause du gouvernement minoritaire, dit-elle. Il fallait en plus s'installer, s'initier à la vie politique, etc.» Mme Méthée dit éprouver de la peine, après avoir d'abord vécu de la colère.

Mme Lapointe vit un mélange de toutes sortes de choses, dont une certaine rage de voir l'État gaspiller de l'argent comme d'autres respirent de l'air. C'est même l'une des raisons pour lesquelles elle reviendra éventuellement en politique.

Pour paraphraser un certain commentateur de baseball : bonsoir, elles sont reparties!

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