Une enquête d'opinion, conduite entre le 15 et le 25 janvier, indique que si les Québécois avaient été appelés aux urnes pendant cette période, le PLC aurait eu droit à 31 % des suffrages. Par contre, le Bloc de Gilles Duceppe mène toujours, avec 34 % des appuis.
Les conservateurs de Stephen Harper s'effondrent, avec 16 % des voix. C'est un petit point de pourcentage de plus que le Nouveau Parti démocratique de Jack Layton.
Il s'agit d'un renversement de situation entre libéraux et conservateurs. Au dernier coup de sonde précédant la bataille électorale, le PLC, sous Stéphane Dion, ne recueillait que 16 % des intentions exprimées et le PCC de M. Harper, 30 %.
Au chapitre de la popularité personnelle, la même tendance s'observe. Trente-sept pour cent des citoyens du Québec voient le leader du PLC comme le plus apte à diriger le pays.
En septembre, son prédécesseur n'avait la cote qu'auprès de 16 % des gens. Stephen Harper n'est vu comme le meilleur homme que par 16 % des personnes interrogées, alors qu'à l'automne, ses partisans étaient deux fois plus nombreux.
La désaffection ressort avec un niveau record d'insatisfaction à l'égard du gouvernement conservateur. Pas moins de 61 % des Québécois sont mécontents, du jamais-vu depuis l'accession au pouvoir de M. Harper, en 2006. Il faut remonter à janvier 2006 pour constater pire score.
L'insatisfaction avait atteint la barre des 75 % pour les libéraux éclaboussés par le scandale des commandites.
Facteurs
En entrevue, le vice-président de la firme de sondage, Claude Gauthier, a indiqué que plusieurs facteurs semblent concourir à la «dégringolade» conservatrice. Il y a eu le départ «d'un chef mal-aimé», M. Dion; l'émergence «d'un chef qui passe bien la rampe», M. Ignatieff; et la multiplication des «gestes qui ont semblé braquer les Québécois» contre M. Harper.
Le nouveau leader libéral a cependant été bien avisé de ne pas faire tomber son adversaire, comme il en avait l'occasion, hier, avec la présentation du budget fédéral. «Cela aurait été bien suicidaire, a jugé l'expert sondeur. Je ne suis pas convaincu du tout que les Québécois auraient accepté de retomber en élections générales à cause de son arrivée» à la tête du PLC.
Michael Ignatieff a encore beaucoup de travail devant lui pour convaincre les Québécois. Chez les francophones, le Bloc (à 40 %) dispose d'une solide avance sur lui (26 %) tandis que néo-démocrates et conservateurs sont à égalité (15 %).
«Mystère Québec»
Et Michael Ignatieff hérite aussi de son «mystère Québec». Même si la marge d'erreur est importante en raison du faible nombre de personnes interrogées, les conservateurs se maintiennent dans la région. Il s'agit, en fait, d'une lutte à trois. Le Bloc mène, avec 30 %; suivi du PCC, à 28 %; et du PLC, avec 27 %.












