C'est d'abord la forme que prennent les commémorations qui insulte Biz. «La guerre, ce n'est pas un jeu», déclare-t-il. Et tant qu'à reconstituer une bataille, il se demande si les organisateurs ne devraient pas songer à aller jusqu'au bout et «brûler des fermes et voler les gens». Il va plus loin et met en question aussi la pertinence de la reconstitution jusqu'à imaginer des commémorations pour les bombardements à Gaza.
«Le Canada célèbre sa fondation par un acte de conquête. Lui, il a gagné. Lui, il a de quoi à fêter. Mais qu'il ne vienne pas nous enfoncer cette fête-là dans la gorge en disant : ?Vous autres aussi, vous pouvez fêter.? On va applaudir notre misère? Je trouve qu'il n'y a rien à applaudir, il n'y a rien de drôle là-dedans.»
Se tenir debout
À l'annonce de Pierre Falardeau, qui dit vouloir empêcher la commémoration, Chafiik répond qu'il comprend sa réaction. «Dans un sens, même sur le terrain des symboles, c'est important de se tenir debout. Si on prend l'habitude de tout le temps plier et célébrer nos défaites, c'est l'extinction pure et simple. Donc, la symbolique a une valeur réelle», dit-il.
En outre, Biz ne comprend pas les organisateurs et leur choix d'activités. «L'an dernier, pour le 400e, on demandait qu'il y ait du contenu historique, de la matière à mémoire. Et on se faisait répondre que ce serait un gros party, que les gens voulaient fêter. Et là (au lieu d'une reconstitution historique), on pourrait faire un gros rave sur les Plaines et on pourrait dire à tous les Québécois : ?Reprenons les Plaines et montrons qu'on n'est pas morts!? Ce serait là une façon positive de souligner l'événement, selon lui.
Car il faut que les gens de Québec et les organisateurs comprennent que cette partie de notre histoire blesse certaines personnes, dit-il. Et il est important de rester sensible à la sensibilité des Québécois, c'est une question de respect.»
Désobéissance civile
D'autre part, Patrick Bourgeois, du Réseau de résistance du Québécois (RRQ), a annoncé hier que des gestes de désobéissance civile seraient faits si la commémoration avait lieu.
«Nous montons des comités partout au Québec, nous louerons des autobus pour que tous puissent venir à Québec. Il y aura une grosse manif pour dénoncer ça avec des orateurs et des personnalités, dont Pierre Falardeau. Mais les plus décidés poseront aussi des gestes de désobéissance civile afin de perturber la commémoration», indique M. Bourgeois, ajoutant toutefois qu'il n'était pas question de recourir à la violence.
Celui qui est également directeur du journal Le Québécois prétend que la controverse autour de la commémoration a contribué à mobiliser les souverainistes.
«C'est comme un coup de fouet! J'ai commencé à militer en 1996 et je n'ai jamais vu quelque chose lever autant! Au départ, on pensait avoir de 200 à 300 personnes, mais, si ça avait lieu demain, je suis convaincu qu'on serait au moins 2000. De plus, nous étions environ 300 membres au RRQ, et cet événement vient de faire passer nos rangs à plus de 900», conclut-il.












