«Notre organisme est apolitique, mais la majorité de nos membres sont souverainistes. D'ailleurs, l'une de nos missions est justement de faire la promotion du fait français en Amérique. Moi-même, je n'ai pas peur de le dire, je suis souverainiste et je suis de gauche», lance d'entrée de jeu François Gagnon, président de cet organisme sans but lucratif spécialisé dans les reconstitutions historiques.
«En tant qu'indépendantiste, en tant que souverainiste et en tant que Québécois, je suis déçu de cette réaction négative, car la reconstitution historique est l'un des moyens que j'utilise pour exprimer ma fierté envers mes ancêtres», explique celui qui participe depuis 2004 aux reconstitutions des batailles de la guerre de Sept Ans, pour la plupart des défaites britanniques.
Promotion du fait français
«J'ai honte un peu. Je trouve que ça aurait dû être une réaction plus participative. J'aurais aimé voir des organismes comme la
Société?Saint-Jean-Baptiste (SSJB) participer à l'événement, par exemple en tenant un kiosque qui servirait à promouvoir le fait français», suggère-t-il.
À ce sujet, François Gagnon rappelle que la Gaelic Society of Scotland, l'équivalent écossais de la SSJB, commémore chaque année la bataille de Culloden, une défaite dont les conséquences ont été terribles pour l'Écosse.
«Les indépendantistes écossais voient en cette commémoration une façon de ne jamais oublier ce qui est arrivé. Pourquoi les indépendantistes du Québec ne se servent pas de la bataille des plaines d'Abraham pour servir leur cause?» se demande-t-il.
M. Gagnon ajoute que non seulement la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham n'a pas semé la zizanie chez ses membres, elle a même amené deux nouvelles personnes à se joindre à l'équipe qui en compte déjà une centaine.
«Ces gens se sont joints à nous quand ils ont entendu dire qu'on ferait la bataille des Plaines, car ils souhaitaient interpréter leurs ancêtres français et montrer qu'ils étaient fiers de leurs racines», indique-t-il.
«Il ne faut pas oublier qu'il y avait aussi des héros chez les vaincus, notamment les miliciens canadiens francophones qui se sont battus pendant une heure et demie pour protéger la retraite de l'armée française! Et le lendemain de la commémoration de la bataille des Plaines, nous referons la bataille de Sainte-Foy, qui est une victoire française», souligne-t-il.
Rien du fédéral
D'après lui, la controverse tient surtout du fait que la reconstitution aura lieu sur un terrain fédéral. «Pourtant, ce n'est pas Stephen Harper qui nous a téléphonés pour que nous fassions ça! C'est l'initiative du Corps historique du Québec et la nôtre et, comme le site de la bataille appartient au gouvernement fédéral, nous avons dû demander la permission pour y tenir l'événement.»
M. Gagnon ajoute que son organisme ne reçoit aucune subvention du gouvernement fédéral. «À ma connaissance, aucun groupe de reconstitution historique francophone ne reçoit de subvention fédérale. Cependant, nous en avons reçu une du gouvernement provincial pour favoriser la promotion du fait français à l'extérieur de la province», conclut-il.














