Le porte-parole péquiste du dossier des finances, François Legault, croit que le mandat des administrateurs et des dirigeants de la société d'État doit être examiné pour déterminer ce qui a mené à des mauvaises décisions d'investissement.
M. Legault estime que la direction de l'institution doit expliquer pourquoi la CDP a investi 12 milliards $ dans le papier commercial adossé à des actifs, un produit financier dont la valeur s'est effondrée.
Lors d'une conférence de presse à Montréal, le porte-parole de l'opposition officielle a aussi réclamé des explications sur les investissements de la Caisse dans le marché des devises ainsi que dans le secteur aéroportuaire en Grande-Bretagne.
«C'est important qu'on ait des discussions, un débat public sur la politique de gestion du risque de la Caisse de dépôt», a dit M. Legault, suggérant que les travaux de la commission commencent au cours des prochains jours.
Selon le député péquiste, la commission parlementaire devra aussi démontrer à quel moment la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a pris connaissance de l'ampleur des pertes de la CDP, estimées à plus de 30 milliards $ par l'opposition et les médias, ce qui constituerait une moins bonne performance que les gestionnaires de fonds comparables.
«À quel moment le conseil d'administration a-t-il été mis au courant que la Caisse perdait plus que le marché, à quel moment la ministre des Finances a-t-elle été informée?» a-t-il demandé.
Le président du conseil d'administration, Pierre Brunet, et l'ancien président et chef de la direction de la CDP, Henri-Paul Rousseau, devront aussi répondre aux questions des parlementaires sur l'impact des pertes sur les organismes qui confient leurs actifs en gestion à l'institution, dont la Régie des rentes du Québec et la Société d'assurance automobile du Québec.
«Les citoyens du Québec ont le droit, via leurs représentants à l'Assemblée nationale, de poser toutes les questions à Pierre Brunet et Henri-Paul Rousseau sur ce qui s'est passé avec leurs avoirs», a dit M. Legault.
Réunion mardi matin
Par ailleurs, le conseil d'administration de la Caisse a annoncé qu'il avait tenu une réunion mardi matin au cours de laquelle il a unanimement adopté une résolution réitérant sa confiance en son équipe de direction.
Lundi, Mme Jérôme-Forget a nié les conclusions d'un reportage indiquant qu'une restructuration massive de la haute direction de la Caisse prévoyait le renvoi de la majorité de ses premiers vice-présidents.
Lors de sa conférence de presse, M. Legault a affirmé que des changements seront nécessaires à la direction de la CDP, qui doit déposer ses résultats annuels d'ici la fin du mois.
«Quand une société d'État fait bien pire que les autres caisses de retraite, il y a sûrement des changements à faire à la direction de la Caisse de dépôt, a-t-il dit. Mais ça doit être fait en respectant l'indépendance de la Caisse de dépôt.»
L'ADQ favorable
L'Action démocratique du Québec s'est montrée favorable à la tenue d'une commission parlementaire. Mais les adéquistes souhaitent aussi que le vérificateur général dispose de plus de pouvoir pour accéder aux chiffres et à la gestion de la CDP.
«La commission parlementaire, nous on l'approuve. Si elle a lieu, c'est sûr qu'on ne s'objectera pas, mais il y a encore des choses qui peuvent être faites beaucoup plus rapidement», a dit l'attaché de presse adéquiste Sébastien Lépine.
Au cours des derniers mois, les difficultés de la Caisse de dépôt ont défrayé les manchettes en plus d'être au centre de la dernière campagne électorale.










