Il est loin d'être acquis que le prochain leader adéquiste empoche un surplus pour son travail de meneur.Toujours en réflexion, Éric Caire, s'il remportait la course à la direction, renoncerait à la prime.
«C'est quelque chose qui doit être discuté parce que le contexte a changé, indique-t-il. Les revenus du parti ne sont plus les mêmes, la capacité de financement n'est plus la même.»
La chose devra être discutée au sein du parti et les membres devraient être consultés, croit-il. La défaite électorale a coûté leur emploi à plusieurs personnes au sein de la formation. Encaisser une prime au moment où une «rationalisation intelligente» s'impose enverrait un «mauvais signal», selon M. Caire.
L'octroi d'une prime de 50 000 $ par l'ADQ à Mario Dumont, en plus de son salaire de chef de l'opposition, a fait grand bruit il y a un an. Un supplément qui a été négocié entre le chef et le directeur général du parti du moment. Le chef libéral et premier ministre, Jean Charest, bénéficie pour sa part d'un «extra» de 75 000 $ par année, gracieuseté du PLQ.
Le cas de M. Dumont est différent de celui du prochain chef adéquiste, estime M. Caire. Les années passées par M. Dumont à sillonner le Québec et à payer de sa poche tous les frais encourus lui ont fait mériter cette prime, dit-il. «C'était la moindre des choses. Il a tout payé de sa poche. Le parti était redevable envers M. Dumont. Je ne suis pas sûr que le parti va être aussi redevable envers le prochain chef.»
En fait, s'il devient chef, M. Caire sait ce qu'il ferait du 50 000 $. «Moi, je pense qu'on est mieux de le mettre sur la dette», estime-t-il.
Aux dernières nouvelles, celle-ci s'élevait à 600 000 $, affirme Caire. Mais les revenus minimaux annuels assurés de 500 000 $ montrent que les choses sont sous contrôle, plaide-t-il.
Moins affirmatif, le député de Shefford, François Bonnardel, lui aussi en réflexion, n'en juge pas moins que la situation financière de l'ADQ remet en doute la pertinence d'une prime au chef. «Ce n'est pas moi qui déciderais, lance M. Bonnardel. Je pense que l'exécutif national est bien au fait de la situation que l'on vit comme parti. Vous savez qu'on a perdu un certain montant d'argent lié au nombre de votes. Pour les prochaines années, on ne serait pas très bien placé pour qu'on puisse concevoir ça (une prime au chef).»
Nuances
De son côté, l'ex-député Christian Lévesque est plus nuancé. Il ne touche plus de salaire de l'Assemblée nationale. Dans le cas où il deviendrait chef, une compensation pourrait être envisagée pendant qu'il ne reçoit pas de paie de député. Mais il est favorable à ce que la question de la prime soit discutée.
« Tout va être à mettre dans un contexte, dit M. Lévesque. Il va être sain de tout questionner. Cela va devoir se discuter avec les membres de l'ADQ. La première chose à faire est de s'asseoir avec les gens de l'ADQ pour revoir cette clause-là. Avant de dire oui ou non, on va devoir discuter de l'utilité de ce montant-là.»
Il n'a pas été possible de savoir, hier, si M. Dumont a renoncé à tout montant supplémentaire à titre de chef depuis l'annonce de sa démission.











