Représentant de Montmagny-L'Islet lors du dernier mandat, M. Roy ne voit personne digne de remplacer Mario Dumont se manifester à l'heure actuelle. Même chez ses anciens collègues.
«Personnellement, je ne les ai pas trouvés rassembleurs, dit-il. Point. J'ai travaillé avec eux pendant 18 mois. Est-ce que tu vas rassembler la province de Québec? Tu aurais dû commencer par rassembler les députés qui étaient autour de toi pendant que tu étais là.»
Il est particulièrement dur envers Christian Lévesque, ex-député de Lévis, qui jongle avec l'idée de se lancer dans la course à la direction. «Qu'il veuille se présenter à la chefferie... Je pense que Christian doit absolument se regarder dans un miroir et redescendre d'un étage. Je trouve qu'il est trop haut.»
L'ADQ a délaissé les préoccupations des gens des régions qui forment la base sur laquelle repose le parti, estime M. Roy. Le prochain chef devrait connaître le Québec et l'avoir sillonné en entier, plaide-t-il. Présentement, «il n'y a personne» avec ce bagage qui a montré de l'intérêt, croit-il.
Le mois dernier, Claude Roy a laissé entendre qu'il pourrait participer à la course à la direction du parti. Les conditions qui seront imposées, dont un prix d'entrée de quelque 25 000 $, pourraient l'en empêcher. Mais il promet néanmoins de veiller au grain. «Je ne laisserai pas passer une candidature que je sais non valable pour l'ensemble des Québécois, promet-il. Je ne la laisserai pas passer. Je vais au moins faire mon tapage médiatique.»
Le spécialiste en chasse et pêche s'insurge contre la «montréalisation» de l'ADQ. Il s'oppose à la nomination de son ex-collègue Simon-Pierre Diamond, 24 ans, à titre de directeur général du parti. «Je suis contre, dit-il. On a travaillé ensemble pendant longtemps, je trouve quand même que c'est un peu jeune pour diriger l'ADQ comme on le fait, à partir de Montréal. Surtout que personne n'a été consulté. On a tout le temps dit que l'ADQ était le parti d'un seul homme, il ne faudrait pas que ça devienne le parti d'une seule gang.»
L'arrivée d'un président aussi basé à Montréal, Mario Charpentier, s'inscrit dans la même ligne, selon M. Roy. «Il y a 125 comtés au Québec, il y en a 26 à gagner sur l'île de Montréal, expose l'ex-député. Tu pourrais avoir la majorité si t'avais l'est de la province, tu n'es pas obligé d'avoir Montréal.»
En rétrospective du dernier mandat, il juge que Mario Dumont était «mal entouré» et déplore que les députés n'aient pu se faire valoir. «Comme on n'avait jamais le droit de parler et qu'on n'avait jamais le droit de rien dire, on s'est ramassé dans les problèmes, dit-il. (...) Malheureusement, on n'a pas été reconnu par personne parce qu'on ne nous laissait pas notre place. Aujourd'hui, quand j'aurai à parler, je le ferai ouvertement. Je n'ai pas de cachettes à faire.»
Mario Dumont a renoncé à sa prime de chef
Le chef de l'ADQ a été critiqué, l'an dernier, lorsqu'il a été révélé qu'il touchait une prime de 50 000 $ versée par son parti et qui s'ajoutait à son salaire de chef de l'opposition. Depuis qu'il a annoncé sa démission, il a toutefois renoncé à cet extra. Il ne touche plus un sou de plus que sa paie de député, a assuré son attachée de presse, hier. Mardi, des successeurs potentiels à M. Dumont, MM. Éric Caire et François Bonnardel, ont assuré qu'ils renonceraient à la prime s'ils accédaient à la tête du parti.
Stéphane Gendron se moque de l'ADQ
L'idée d'imposer un prix d'entrée de 25 000 $ à tout candidat à la succession de Mario Dumont déplaît au maire d'Huntingdon, Stéphane Gendron. «Un ?ticket modérateur? de 25 000 $ pour un parti moribond!» titre son communiqué. Selon lui, il s'agit «tout simplement d'une insulte à la démocratie et à l'intelligence». Intéressé par la direction de l'ADQ, il dit qu'il ne sera pas de la course «cet automne». «Le jour où j'irai, ce n'est pas 1000 nouveaux membres que j'amènerai, mais bien plus», prétend-il.












