«Il a complètement changé de ton», a soutenu la porte-parole péquiste en matière de relations internationales, Louise Beaudoin, hier. «Il a changé de façon de s'exprimer en ce qui nous concerne. Il a voulu donner un signe d'apaisement.»
Au début du mois, les forces souverainistes se sont outrées de remarques formulées par le président Sarkozy à l'Élysée, lors de la remise de la Légion d'honneur à Jean Charest. Les propos concernant le «refus du sectarisme, de la division, de l'enfermement sur soi-même, au refus de définir son identité par opposition féroce à l'autre» ont grandement dérangé Pauline Marois et Gilles Duceppe.
«Jamais un chef d'État étranger n'a autant manqué de respect aux plus de deux millions de Québécois qui se sont prononcés pour la souveraineté», ont écrit les chefs indépendantistes au président, dénonçant ses «épithètes méprisantes» et sa méconnaissance du mouvement souverainiste.
En aucun temps dans sa lettre, le président Sarkozy ne fait référence directement à ces critiques. Pas plus qu'à l'option souverainiste. Il souhaite que la «relation franco-québécoise s'épanouisse en harmonie avec la relation que la France entretient avec le Canada dans son ensemble».
«Place particulière»
Mais Nicolas Sarkozy réitère la «place particulière dans le coeur des Français» de tous les Québécois, «dans la diversité de leurs engagements et de leurs opinions».
«Tous les Québécois, répète Mme Beaudoin. C'est très inclusif. Il n'y a pas les méchants séparatistes d'un côté et les gentils fédéralistes de l'autre. C'est important. Et on n'avait pas demandé une réponse. Le fait qu'elle soit venue sans le demander et rapidement, je pense que c'est un autre signe.»
Il ne fallait pas s'attendre à des excuses de la part du président de la République, poursuit
Mme Beaudoin. Cela aurait été beaucoup lui demander. «Il vient d'écrire à Gordon Brown parce qu'il avait insulté les Anglais, note Mme Beaudoin. C'est un peu le même genre de réponse. On peut quand même se dire qu'il y a un progrès dans l'expression écrite que dans l'expression verbale.»
Le Bloc québécois tourne aussi la page sur l'incident. Le leader parlementaire Pierre Paquette a souligné qu'en bien des domaines, une communauté d'action France-Canada-Québec ? telle qu'évoquée par M. Sarkozy ? est «tout à fait possible». Il souhaite que le président français soit néanmoins sensible aux préoccupations du Québec lorsqu'elles ne coïncident pas avec celles du Canada.
«Sur un ton fraternel, M. Sarkozy rappelle que la relation entre la France et le Québec est unique», a fait valoir Pierre
Paquette.
















