Retour du déficit au Québec: les syndicats peu surpris

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Retour du déficit au Québec: les syndicats peu surpris

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Michel Arsenault, de la FTQ, rappelle que Mme Jérôme-Forget est la seule à se montrer surprise du retour au déficit de la province.

Photothèque Le Soleil

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Les grandes centrales syndicales ne sont absolument pas surprises que le gouvernement Charest retombe en déficit. Elles refusent de s'en faire avec les répercussions que cela pourrait entraîner sur la fonction publique.

À la CSQ, le président Réjean Parent a rappelé le «discours jovialiste pendant la campagne électorale» des libéraux de Jean Charest, niant la fin de l'équilibre budgétaire.

À la CSN, le vice-président Louis Roy a souligné que «les deux ans de surplus (annoncés par la ministre Monique Jérôme-Forget), c'était du délire».

Le président de la FTQ, Michel Arsenault, a éclaté de rire : «Mme Jérôme-Forget est la seule à se montrer surprise» que le prochain budget sera écrit à l'encre rouge.

Des trois chefs syndicaux, Réjean Parent s'est montré le plus soucieux de ce que signifiera le retour des déficits pour les employés du gouvernement, employés dont le contrat avec l'État-employeur est à renégocier, l'an prochain.

M. Parent «appréhende» que le gouvernement tente d'en profiter «pour grossir la crise, (...) faire pression sur les demandes des syndicats et amener des changements qui autrement n'ont pas l'aval de la population. Nous aurons le gouvernement à l'oeil».

Le chef syndical est loin de paniquer, cependant. Le déficit ne s'annonce pas dramatique, selon lui, et il sera «conjoncturel. Il n'y a pas lieu de dire que le feu est pris dans la maison et qu'il faut faire une vente de feu» avec les services de l'État.

Réjean Parent a tenu à rappeler qu'une voix forte s'est élevée aux États-Unis, celle du président américain Barack Obama : «Le gouvernement n'est pas le problème (en cette période de récession); le gouvernement est la solution.»

À la CSN, Louis Roy n'écarte pas que la «tentation sera grande» pour Québec d'essayer de se servir du contexte économique «pour imposer un nouveau gel». Mais le vice-président responsable des négociations avec l'État a rappelé que le gouvernement Charest a déjà imposé deux ans de gel salarial. En outre, «c'est en temps de crise que les services publics prennent toute leur valeur», ce qui devrait limiter les tentations de les réduire.

M. Roy a été frappé de lire les propos de la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, qui veut tout faire pour «maintenir les services essentiels». «Sincèrement, cette phrase m'a fait sursauter. (...) Nous, nous pensons que les services sont déjà au minimum pour les services» à la population.

Le meneur de la FTQ n'a pas voulu spéculer sur ce qu'annonce le retour des déficits pour les syndiqués de l'État. «Si vous me demandez, un an à l'avance, où on s'en va... Il risque de se passer beaucoup de choses d'ici 2010», a laissé tomber Michel Arsenault.

Fonction publique réduite

Le président de la centrale imagine difficilement que «le gouvernement se servirait de la crise pour étouffer une fonction publique déjà étouffée». Comme son collègue Louis Roy, il a signalé que les salaires des travailleurs de l'État se comparent désavantageusement avec ceux du privé. Quant à la possibilité de suppressions de postes de fonctionnaires, il a estimé que «la fonction publique est déjà réduite à l'extrême».

M. Arsenault a dit qu'il ne «doute pas de la bonne foi» de la nouvelle patronne du Conseil du trésor «pour réviser le mode de négociations» dans le secteur public. Mais il a noté que les pourparlers dans le secteur privé se concluent par une entente dans plus de 95 % des cas. «En 44 ans, (les négociations dans le secteur public) ont toujours viré à la chicane. Ça se peut-tu que cela ne soit pas juste de notre faute et que l'État a ses torts?» a-t-il ironisé.

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