Le Québécois est un organisme sans but lucratif qui se divise en trois branches : le journal, la maison d'édition et une cellule militante active, le Réseau de résistance. La saga des plaines d'Abraham et son dénouement ont apporté beaucoup de visibilité à l'organisation.
À l'heure actuelle, ce sont les abonnements au journal, la vente de produits dérivés, les revenus d'édition et les dons qui font vivre l'organisation, explique Patrick Bourgeois, directeur du Québécois. Selon lui, les revenus publicitaires annuels totalisent à peine 10 000 $, incluant les achats du PQ, du Bloc et de quelques entreprises.
«Je n'ai jamais voulu parler de notre financement parce que je ne voulais pas faire l'illustration de notre faiblesse», a-t-il commenté. La question des «liens» entre le PQ et Le Québécois, soulevée par Jean Charest, l'a contraint à ouvrir un peu son jeu.
Le journal est né en 2001.
«Avant 2003, les relations avec le Bloc et le PQ allaient mieux, souligne M. Bourgeois. On commençait. On n'avait jamais été au coeur de l'actualité. Dans ce temps-là, on avait plus de publicité. C'était plus payant pour nous.» Au fil du temps, certaines controverses ou désaccords avec les partis souverainistes ont «laissé des traces».
La victoire libérale de 2003 a aussi porté un dur coup au financement du journal indépendantiste.
Dans son livre La nébuleuse : petit voyage au coeur des relations non recommandables de Jean Charest, M. Bourgeois évoque la fin de l'admissibilité du Québécois au Programme de soutien à l'action bénévole. «J'appelai la fonctionnaire responsable du programme, relate-t-il. Elle me dit alors qu'un ordre du Conseil du Trésor nous avait placé sur la liste noire du programme.» Le journal était alors privé d'entre 15 000 $ et 20 000 $.
Milliers de dollars perdus
Les libéraux ont aussi mis fin au placement publicitaire gouvernemental dans Le Québécois, le privant ainsi de «quelques autres milliers de dollars par année».
Finalement, M. Bourgeois impute à la victoire libérale le refus d'une subvention de 238 000 $ au Québécois à travers le Fonds Jeunesse Québec. «Il ne leur restait plus qu'à émettre le chèque, ou peu s'en faut, écrit M. Bourgeois. Choqué par cette situation, j'allai rencontrer des apparatchiks du PQ. On me dit qu'une telle situation était inadmissible et scandaleuse, mais jamais ils ne levèrent le petit doigt.»











