«Ces renforts seront principalement dirigés vers les provinces de Helmand, de Kandahar et de Zaboul», a confirmé le général britannique Jim Dutton, commandant adjoint des 70 000 soldats étrangers en Afghanistan. Coeur de la production d'opium dans le pays, ces trois provinces abritent également le principal terreau de l'insurrection afghane.Mais voilà, à peine 2700 soldats canadiens patrouillent Kandahar, une région pourtant grande comme la Nouvelle-Écosse. En nombre insuffisant, ceux-ci contrôlent seulement le quart du secteur placé sous leur responsabilité depuis maintenant trois ans.
Début février, Le Soleil révélait que les États-Unis planifient ainsi envoyer en renfort de 10 000 à 15 000 soldats dans Kandahar d'ici les 18 prochains mois afin de freiner l'insurrection. Difficile toutefois de dire quelle mission sera confiée à ceux-ci. «Il s'agit de plusieurs milliers de soldats supplémentaires, destinés à créer des groupes mobiles disponibles en cas de besoin», a simplement précisé hier le général Dutton, lors d'une rencontre de presse dans la capitale afghane, Kaboul.
Région dangereuse
Le président américain, Barack Obama, a approuvé la semaine dernière l'envoi de ces 17 000 soldats supplémentaires, qui viendront s'ajouter aux 38 000 Américains déjà présents dans le pays. Ces renforts devant être déployés d'ici cet été ne représentent toutefois qu'une première vague puisque la nouvelle administration américaine travaille sur un plan afin d'augmenter sa présence en Afghanistan au fur et à mesure qu'elle la réduira en Irak.
De nouveaux renforts pourraient donc venir s'ajouter dans Kandahar. Moins marquée par les combats, la province reste néanmoins dangereuse en raison des nombreuses attaques perpétrées contre des convois à l'aide de mines artisanales. D'ailleurs, afin de limiter cette menace, le Canada a récemment fait l'acquisition d'hélicoptères de transport de troupes. Et des hélicoptères de surveillance ont également été envoyés pour escorter les convois et ainsi prévenir les embuscades.
La situation est particulièrement tendue ces jours-ci à Kandahar, alors que la mort de deux jeunes Afghans soulève la colère de villageois contre la présence canadienne. Un groupe a d'ailleurs manifesté hier dans les rues de la principale ville de la province en scandant «Mort aux Canadiens».
Déclin dans l'est
Jusqu'à présent, la présence américaine est principalement concentrée dans l'est du pays, le long de la frontière pakistanaise. L'OTAN a d'ailleurs noté «un déclin considérable» de l'insurrection dans la région ces trois derniers mois. Une situation que le général Dutton attribue à la pression accrue de l'armée pakistanaise dans les zones tribales, le long de la frontière avec l'Afghanistan.
La spirale de violence en Afghanistan est bien enclenchée depuis 2004, chaque année s'avérant plus meurtrière que la précédente. L'an dernier, 294 soldats étrangers sont morts dans le pays.
Et 2009 s'annonce tout aussi dangereuse, alors qu'une élection présidentielle est prévue le 20 août. Alors qu'on observe généralement une accalmie en hiver, le début de l'année a été particulièrement meurtrier. En janvier, 24 soldats sont morts, et 15 depuis le début de février.
Des 1082 soldats étrangers tués en Afghanistan depuis 2001, 652 étaient Américains. Quant au Canada, 108 de ses militaires ont été tués ces sept dernières années.
Avec La Presse Canadienne et AFP












