Terrain de la colline parlementaire: Québec doit devenir propriétaire, dit Benoît Pelletier

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Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Le gouvernement Charest doit revendiquer à Ottawa tous les terrains qui entourent l'Assemblée nationale, mais abandonner l'idée de faire de même pour les plaines d'Abraham, plaide l'ex-ministre Benoît Pelletier.

Il y a trois mois, M. Pelletier était titulaire du portefeuille des Affaires intergouvernementales?dans l'équipe ministérielle de M. Charest. En 2006, il a réclamé le transfert de la propriété des terrains face au parlement, détenus par le fédéral et loués au gouvernement du Québec. Sa lettre est restée sans réponse.«Je crois que ce dossier demeure important et qu'il ne doit pas être abandonné», a indiqué M. Pelletier au Soleil, hier.

M. Pelletier trouve la situation toujours aussi «incongrue». «À mon avis, ce n'est pas normal, affirme-t-il. L'Assemblée nationale est l'assise même des pouvoirs du Québec. C'est une autonomie réelle. Il est étonnant que des terrains où se trouve la colline parlementaire ne lui appartiennent pas.»

Il n'y a selon lui aucun argument qui peut être invoqué à l'encontre d'une cession en faveur du Québec. D'autant que la question de la sécurité assumée par l'Assemblée nationale sur un terrain qui n'est pas le sien peut s'avérer problématique.

Le ministre démissionnaire note qu'il n'est «malheureusement» pas si rare qu'une lettre reste sans réponse à Ottawa. Un dossier du genre peut se régler «très facilement», mais il n'a pas été identifié comme une priorité sous son règne. Ceux du déséquilibre fiscal ou de la place du Québec à l'UNESCO, par exemple, se trouvaient plus haut sur la liste de demandes. «Il faut bien identifier nos priorités et insister sur ces dossiers, sinon tout est mis sur le même pied et on parvient à régler des dossiers qui sont plus faciles aux dépens de ceux qui sont plus difficiles», affirme M. Pelletier.

Son successeur Jacques Dupuis devrait aussi réclamer le transfert de propriété, mais le dossier est devenu plus difficile à porter, croit-il. «Je sais que lorsqu'un dossier devient sensible politiquement, il est plus délicat», note M. Pelletier.

Une erreur

D'autant plus, selon lui, que le Parti québécois commet une erreur en exigeant aussi que les plaines d'Abraham soient restituées. «Mon expérience des négociations démontre que si on n'a pas une position acceptable au départ, elle n'est pas considérée longtemps, dit Benoît Pelletier. Les péquistes créent des attentes auprès de la population avec lesquelles le gouvernement doit composer.»

Il demeure étonné qu'entre 1994 et 2003, les péquistes Louise Beaudoin, Jacques Brassard et Joseph Facal n'aient pas mené de batailles sur ce dossier à haute valeur symbolique.

Reste qu'Ottawa porte aussi sa part de blâme pour ne pas avoir accédé à une demande qui, d'après M. Pelletier, va de soi. «Je pense qu'on manque de belles occasions de prouver que les relations entre le fédéral et les provinces peuvent être harmonieuses, dit-il. Si on avait apporté les changements en temps opportun, personne n'y aurait prêté attention.»

Autant à Québec qu'à Ottawa, on indique que le dossier est «en discussion», sans plus.

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