Les porte-parole de la formation de gauche, Françoise David et le député de Mercier Amir Khadir, estiment qu'une commission d'enquête indépendante constituerait le meilleur outil pour analyser les résultats désastreux de la Caisse.
Mme David et M. Khadir sont d'avis que le premier ministre Jean Charest et la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, doivent comparaître en commission parlementaire, mais aussi devant cette éventuelle commission d'enquête publique.
«Des commissaires indépendants pourraient être nommés par l'ensemble des partis de l'Assemblée nationale pour faire toute la lumière sur la question des pertes massives» de près de 40 milliards $, a suggéré Mme David en entrevue, peu après une conférence de presse tenue vendredi à Québec.
Une commission parlementaire, a-t-elle estimé, «va être essentiellement une opération partisane (...) un peu à cause de la culture politique qui prévaut, où l'un et l'autre parti vont s'accuser mutuellement de tous les maux du monde».
Françoise David pense qu'une enquête publique permettra à la population d'obtenir des réponses aux questions les plus pressantes.
«Pourquoi le changement de mandat à la Caisse de dépôt en 2004?, a-t-elle demandé. Qu'est-ce qui a véritablement amené Jean Charest à faire ça? Pourquoi tant d'investissements à l'étranger, particulièrement dans l'immobilier, là où la Caisse de dépôt vient de perdre beaucoup? Pourquoi ont-ils acheté tant de papiers commerciaux? Qu'est-ce qui les a amenés à faire ça?»
S'attaquer à la «culture du boursicotage»
D'après Québec solidaire, c'est à toute une «culture de la spéculation et du boursicotage» qu'il faut s'attaquer pour que les Québécois se réapproprient leur bas de laine. Mme David a déploré que les dirigeants de la CDP aient «embarqué dans cette idée qu'il faut toujours le rendement le plus vite possible et le plus gros possible à n'importe quel prix».
«Le prix, nous le payons en ce moment», a-t-elle dit.
Françoise David et Amir Khadir martèlent que l'on doit opter pour un modèle économique non plus assujetti aux aléas des marchés financiers mais plus responsable aux plans social et écologique.
«Nous pensons qu'on doit privilégier le long terme et que la Caisse doit redevenir un levier pour le développement économique du Québec», a rappelé Mme David.










