Menace de décote à la CDP: la faute au PQ, dit Charest

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Menace de décote à la CDP: la faute au PQ, dit Charest

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Le premier ministre Jean Charest estime que le Parti québécois joue au «Bonhomme Sept Heures» et au «prophète de malheur». Une attitude qui a selon lui un effet sur l'évaluation de la firme de notation.

Photothèque Le Soleil

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) C'est la faute au PQ si la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) voit sa cote de crédit sous surveillance par la firme Standard & Poor's, a soutenu Jean Charest, hier.

À la dernière journée de la réunion de ses députés, tenue à Lévis, le premier ministre a fourni cette interprétation du communiqué émanant de l'agence ayant pignon sur rue à Wall Street, à New York.

Selon l'avis émis par la filiale torontoise de Standard & Poor's, les rendements «nettement» inférieurs de la Caisse, par rapport aux autres grandes institutions gérant les fonds de retraite, allument une lumière rouge, quant à sa cote de crédit AAA.

La firme s'inquiète de l'instabilité au sein de la haute direction de la CDPQ, qui en sera, en 2009, à son troisième pdg «en 12 mois». Elle anticipe «un débat au sein de la classe politique (...) qui pourrait réduire le niveau d'indépendance dans le choix des décisions d'investissement».

Devant les journalistes, Jean Charest s'est accroché à ce dernier point. «C'est un message très percutant au Parti québécois, a-t-il martelé. C'est toute la question de la politisation à outrance du dossier de la Caisse de dépôt» par la formation politique dirigée par Pauline Marois, a-t-il avancé.

«Ce que je relève, a-t-il repris à la première occasion, c'est que le PQ joue au Bonhomme Sept Heures (...) et au prophète de malheur. Et les signaux qu'il lance ont un impact justement sur l'évaluation» de la firme de notation.

Comme il le fait depuis que la CDPQ a dévoilé qu'elle a perdu 40 milliards$, en 2008, le premier ministre a décliné toute responsabilité de sa part et de celles des membres de son gouvernement dans le désastre financier qui frappe le bas de laine des Québécois.

Jean Charest a maintenu qu'il est hors de question qu'il comparaisse devant une commission parlementaire qui entendrait les dirigeants de la Caisse de dépôt, que ce soit sur les déboires financiers ou les nominations des membres de l'institution.  «Nous répondons à ces questions à tous les jours, à chaque occasion», en point de presse ou à l'Assemblé nationale, a-t-il laissé tomber.

Le premier ministre ne se reconnaît qu'une responsabilité, nommer le grand patron de la CDPQ et les autres dirigeants de l'institution. Ce qu'il fait en temps et lieu, a-t-il soumis.

Il a d'ailleurs fait remarquer qu'il s'est abstenu de renouveler le mandat de plusieurs membres du conseil d'administration de la Caisse ou d'en nommer de nouveaux, lors de la campagne électorale. «On se serait interrogé» sur la valeur des nominations, a-t-il plaidé.

M. Charest a esquivé une question portant sur la sortie du souverainiste Jacques Parizeau. L'ex-chef du gouvernement et un des fondateurs de la Caisse de dépôt a soutenu en entrevue que M. Charest s'est investi de pouvoirs pour la CDPQ comme jamais n'en a eu un premier ministre.

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