Le député Khadir en quatre questions

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Le député Khadir en quatre questions

Agrandir

À la veille du conseil national de Québec solidaire, qui se tient à Québec en fin de semaine, Le Soleil s'est entretenu avec le député de Mercier, Amir Khadir.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Marc Allard
Le Soleil

(Québec) En décembre, Amir Khadir a été le premier candidat de Québec solidaire (QS) à être élu député. Depuis, il a commencé à apprivoiser l'Assemblée nationale et a dû s'expliquer mille fois sur la pertinence de lancer une godasse sur une photo en noir et blanc de George W. Bush devant le consulat des États-Unis à Montréal. Au moment où commence le conseil national de QS à Québec en fin de semaine, Le Soleil s'est entretenu avec lui pour parler de son nouveau boulot, de la Caisse de dépôt et placement, de la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham et de ses conversations avec de jeunes adéquistes chez Ashton.

   Comment vont les choses à l'Assemblée nationale depuis que vous avez été élu député?

   «Ça se passe très bien. J'ai été agréablement surpris par l'accueil à l'Assemblée nationale. Il y a une espèce d'esprit de camaraderie, d'esprit de corps. Sans doute qu'il y a un peu du fait que je suis tout nouveau. Un peu la curiosité du jour. Donc, ça attire un peu de sympathie particulière. (...) Même de la part de mes collègues de l'Action démocratique. Par exemple, à ma gauche il y a M. Gérard Deltell, une personne remplie de courtoisie et d'égard pour tous ses collègues y compris moi, malgré le fait qu'il y a beaucoup qui nous sépare sur le plan des idées, du programme. Il en va de même pour la partie gouvernementale, le PQ, tout ça. (...) Mais ce que je vois surtout, c'est qu'il y a surtout beaucoup d'attentes dans la société, même les gens qui n'ont pas voté pour nous à Québec solidaire sont très contents de voir finalement qu'on a trouvé notre place, d'entendre ce qu'on a à dire.

Q    Que pensez-vous des pertes à la Caisse de dépôt?

   (...) Pourquoi dans l'histoire de la Caisse de dépôt on s'en tient à vouloir accuser soit M. Charest, soit M. Landry. Ce n'est pas des personnes - M. Charest ou M. Landry - qui ont entraîné la Caisse dans ce gouffre. Ils n'ont pas agi en vase clos. C'est un environnement politique, c'est surtout une idéologie économique, un dogme qui les a poussés là, qui disait que les marchés allaient tout réguler, d'arrêter d'intervenir dans l'économie. C'est pour ça qu'ils ont abandonné la mission économique de la Caisse. D'ailleurs, Mario Dumont dont on a dit qu'il a sonné l'alarme sur les pertes, c'est le même Mario Dumont qui le premier a demandé que la Caisse aille pour les rendements maximums. Donc, ils étaient tous pris dans ce piège.

Q    Que pensez-vous de l'annulation de la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham?

   (...) C'est sûr que c'était intenable, l'idée de célébrer une défaite. Ça, c'est évident. Maintenant, c'est profiter de cet événement pour permettre de changer de culture. parce que les plaines d'Abraham, c'est quand même une bataille. C'est le règlement d'un conflit entre nations, alors que nous, on propose comme groupe pacifiste d'autres méthodes de règlement de conflit. Surtout, on critique que dans tout ce qui en a découlé, comme règlement politique, comme soumission d'un peuple à un autre, il y a un troisième peuple, des nations autochtones qui ont été complètement oubliées, qui en ont payé lourdement le prix. C'est le moment ou jamais de revenir là-dessus ensemble dans une  nouvelle culture de paix. (...) Une chose qui est certaine, c'est que ce débat-là doit se faire à l'écart de tout chauvinisme. Le peuple du Québec veut son émancipation autrement que par les ressentiments vis-à-vis les Anglais. La quête de l'émancipation du Québec d'une manière inclusive qui a horreur des propos extrémistes qui ont été tenus par certains acteurs malheureusement nationaleux.

   Maintenant que vous voyez Québec un peu plus souvent, qu'est-ce que vous aimeriez voir dans cette ville?

   J'aimerais voir des gens un peu plus ouverts. (...) Cesser d'être alimentés par la culture des radios-poubelles. C'est de laisser tout le champ libre à ses André Arthur, à ses Jeff Fillion, à ses Sylvain Bouchard qui font une très mauvaise presse à Québec. (...) Moi, j'ai vu des jeunes, le 14 janvier au soir chez Ashton, parce que notre session a fini à 11h30, je suis allé là-bas manger une bonne poutine avec quelque chose dessus sur recommandation d'un gars qui était sympathisant de l'ADQ. Les jeunes là-bas étaient très sympathiques à nous, mais il y avait aussi des sympathisants de l'ADQ. C'est des gens qui avaient les mêmes interrogations. Leur coupure avec les partis traditionnels était motivée par la même chose. Ils se sentent abandonnés par les élites politiques et économiques. Je leur donne raison. Mais ce n'est pas une bonne raison de tomber dans la démagogie des gens de droite, de tourner ça comme un ressentiment contre les plus faibles, contre les syndicats, les femmes, les immigrants, l'État, pour oublier les principaux responsables qui sont les élites économiques les plus riches qui ont profité de cet état de choses.»

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer