Monique Jérôme-Forget a tenu à sortir du Conseil des ministres de Jean Charest pour en faire l'annonce, hier matin. La titulaire du portefeuille des Finances n'a plus de temps à perdre pour organiser une rencontre où les hauts dirigeants de la Caisse expliqueraient ce qui s'est passé, a-t-elle lancé.
La ministre a précisé qu'elle avait prévu pour le début de la semaine une comparution des dirigeants de la CDPQ devant les élus des partis siégeant à l'Assemblée nationale. Le délai est passé, a-t-elle fait savoir.
«Je suis maintenant en mode solution, a-t-elle tranché. Mon gouvernement doit maintenant identifier un président du conseil d'administration (de la Caisse), renouveler ou nommer des membres du conseil, identifier et nommer un pdg dans les plus brefs délais. Voilà ce à quoi je m'attarde désormais.» Elle a ajouté que sa principale tâche consistera à s'assurer que «la tête de la Caisse de dépôt soit bien en place et bien en contrôle de la situation».
Mme Jérôme-Forget n'a pas caché que l'idée de convoquer une commission parlementaire a été contrecarrée par l'exigence du Parti québécois qui voulait faire d'elle une des personnes à comparaître devant les élus. De cela, il n'en est pas question, a-t-elle réitéré. «Je n'irai pas témoigner certainement dans l'environnement actuel.»
Monique Jérôme-Forget a soutenu que l'opposition péquiste aura tout le loisir de l'interroger sur les malheurs de la Caisse lorsque viendra le temps d'examiner les crédits à la Caisse, l'exercice annuel qui suit la présentation du budget de la province. «Cela me fera plaisir de répondre à toutes les questions.»
La députée-ministre de la circonscription de Marguerite-Bourgeoys a assuré qu'elle est désolée qu'il n'y ait pas de comparution devant les parlementaires. Selon elle, les gestionnaires de la Caisse, dont l'ex-pdg Henri-Paul Rousseau, auraient pu donner des explications sur les déboires de la CDPQ, notamment l'achat massif de papiers commerciaux adossés à des actifs.
En janvier, Mme Jérôme-Forget a indiqué que les dirigeants de la Caisse se sont lancés dans l'acquisition de cet outil de placement sans en connaître la complexité. La semaine dernière, la CDPQ a admis avoir perdu près de 6 milliards $ dans cette aventure.
«C'était une bonne approche», a repris la ministre au sujet de l'idée de convoquer une commission parlementaire extraordinaire. «C'était tellement une bonne approche que l'ancien président M. Rousseau a cru bon de donner une conférence, lundi, à la Chambre de commerce de Montréal. Il aurait été beaucoup plus utile qu'il vienne en commission parlementaire, les 2 et 3 mars.»
La politicienne a de nouveau rejeté catégoriquement la possibilité que le changement de mission imposé à la Caisse par son gouvernement ait eu quelque incidence que ce soit sur les énormes pertes de rendement. «Ce qui s'est passé dans le domaine financier est sans précédent» sur le plan mondial, a-t-elle plaidé. «Je dois me pencher sur la consolidation» de l'institution qui sert de bas de laine aux Québécois.











