Hier, en point de presse, le député péquiste François Legault ne s'est pas montré du tout impressionné par l'allocution donnée par Henri-Paul Rousseau devant la Chambre de commerce de Montréal.
Politique du risque trop agressive, mission, rendement, comparaison avec des institutions semblables, M. Legault estime que celui qui tenait les rênes de la Caisse jusqu'en juin a éludé les vraies questions.
«M. Rousseau a choisi les sujets, il a choisi les périodes qui faisaient son affaire pour les chiffres, mais nous, nous restons avec beaucoup de questions sans réponse», a laissé tomber François Legault.
Le critique pour le Parti québécois a notamment souligné que «sur 15 portefeuilles (à gérer), il y en a eu 11 à afficher des résultats pires que le marché (de comparaison), pour les cinq années se terminant le 31 décembre 2008. C'est quand même pas rien! Mais c'est une question qui a été évitée.»
L'élu péquiste s'est montré à demi surpris qu'Henri-Paul Rousseau ait accepté l'invitation immédiatement après l'échec qui a marqué les discussions entre péquistes et libéraux pour organiser une commission parlementaire. M. Legault a souligné que le président de la Chambre de commerce de Montréal s'appelle Michel Leblanc, très proche du Parti libéral du Québec.
«Disons que ça sent un petit peu l'opération de relations publiques.»
Selon le porte-parole du PQ, il faut s'interroger sur le fait que «la Caisse a perdu 10 milliards $ de plus que le marché» en 2008. La politique sur les bonis au rendement doit aussi être examinée, selon lui.
M. Legault a répondu qu'il «est toujours absolument nécessaire» qu'une commission parlementaire se penche sur l'affaire et que la ministre Monique Jérôme-Forget (Finances) y comparaisse. «C'est le gouvernement qui décide de la mission de la Caisse; il a la responsabilité de nommer ses dirigeants. Mme Jérôme-Forget a un rôle de supervision», a-t-il édicté.
De son côté, l'Action démocratique du Québec s'offre pour jouer le rôle de médiateur entre le PQ et le gouvernement en vue d'obtenir une audition parlementaire, rapporte La Presse Canadienne. L'idée d'organiser un tel forum a été mise de côté, la semaine dernière, devant le refus des libéraux de Jean Charest d'y faire comparaître la ministre des Finances.
«Il faut mettre la partisanerie de côté», a fait valoir la chef intérimaire de l'ADQ, Sylvie Roy. «Il faut absolument que cet exercice se tienne.»
Le député du dernier parti à faire son entrée à l'Assemblée nationale, Amir Khadir, de Québec solidaire, s'est dit «insatisfait» des explications données par Henri-Paul Rousseau.
«On ne sait toujours pas pourquoi, sous sa gouverne, la Caisse de dépôt et placement s'est mutée en Caisse de papiers commerciaux et de placements douteux.»
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