Hier, le portrait découlant des pertes colossales qui ont frappé la Caisse, en 2008, s'est précisé. Les chiffres divulgués sont déjà contenus dans les pertes annoncées de 40 milliards $ à la CDPQ. Mais ils ont de quoi donner le vertige.
Selon la ministre des Finances Monique Jérôme-Forget, la tourmente économique a fait reculer de 25,6 % les avoirs du Fonds d'amortissement des régimes de retraite (FARR). Cela représente pour le FARR une somme de 8,7 milliards $. Ce fonds sert à payer les rentes des retraités. L'État l'a constitué par des emprunts.
En chambre, Mme Jérôme-Forget a admis que le Fonds des générations, lui, a subi une baisse d'environ 20 %. En fin de journée, le pourcentage exact du recul a été fixé à 22,4 %. Cela signifie que 326 millions $ se sont évanouis des coffres.
De son côté, l'organisme qui gère les régimes de retraite a convoqué ceux qui cotisent pour leur détailler les mauvaises nouvelles. Les actifs provenant des versements que consentent les syndiqués pour préparer leur retraite ont fondu 12,3 milliards $. Un affaissement de 25,7 % par rapport aux 46,1 milliards $ en banque, en 2007.
Les cadres du gouvernement ont eu un peu moins de malchance, avec une baisse de 24,1 %. Le trou dans leur bas de laine est tout de même de 1,1 milliard $.
À l'Assemblée nationale, le critique du Parti québécois François Legault a tenté de savoir quelles répercussions auront les mauvaises nouvelles du FARR sur le budget de même que sur la dette. Le PQ estime que les 8,7 milliards $ viendront tout simplement s'ajouter à la dette nette de 123 milliards $ de la province.
La ministre Jérôme-Forget a convenu qu'impact il y aura sur son énoncé budgétaire. Il faudra attendre le dépôt de son budget, la semaine prochaine, pour connaître la réponse, a-t-elle ajouté.
François Legault n'a pas davantage obtenu de précision lorsqu'il a demandé à son adversaire politique si elle est satisfaite d'avoir constaté que «11 des 15 portefeuilles de placement» de la CDPQ ont connu une performance plus médiocre que la moyenne sur les marchés.
Les porte-parole des syndicats ont réagi sobrement au fait que le bas de laine des personnes qu'ils représentent s'est vidé de plus de 12 milliards $. Un regroupement de huit centrales, dont les influentes CSN, FTQ et CSQ, s'est dit «déçu, mais non surpris des rendements obtenus».
Dans un communiqué, ces organisations syndicales ont soulevé que «certaines décisions prises par la Caisse de dépôt et placement (...) suscitent des interrogations». Elles ont reconnu que les pertes relèvent «en partie» de leur responsabilité.
Par contre, ont insisté les syndicats, «malgré les mauvais rendements, (...) le régime n'est pas en péril. Des experts ont cependant fait savoir au Soleil que, si les prestations à verser ne sont pas compromises, une explosion des sommes à verser en cotisations est à craindre pour les travailleurs à compter de 2010.











