Le nouveau pdg de la Caisse de dépôt est un bourreau de travail

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Le nouveau pdg de la Caisse de dépôt est un bourreau de travail

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Le nouveau pdg de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, en compagnie de Robert Tessier, président du conseil d'administration de la Caisse depuis le 5 mars.

La Presse, François Roy

Samuel Auger
Le Soleil

(Québec) Les chasseurs de tête se l'arrachaient en secret depuis des mois. Michael Sabia s'est fait désirer. Et voilà qu'on lui confie le poste le plus prestigieux de la finance québécoise : pdg de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Qualifié de brillant et de travailleur acharné par ses pairs, l'homme de 55 ans aura néanmoins fort à faire pour amadouer les épargnants québécois, alors que son CV bien rempli soulève la controverse.

«Le meilleur endroit pour rejoindre Michael Sabia, c'est le dimanche après-midi, dans son bureau.» L'anecdote vient de Paul Tellier, ami personnel et collègue de longue date du nouveau visage de la Caisse de dépôt.

«C'est un bourreau de travail, confie l'ancien pdg du CN. C'est une personne extrêmement intelligente, probablement un des collègues avec qui j'ai travaillé au cours des années qui a l'intelligence la plus supérieure.»

Paul Tellier et Michael Sabia sont des alliés depuis près de 20 ans. À l'époque, le nouveau titulaire du «bas de laine» des Québécois faisait sa marque dans la haute fonction publique à Ottawa. Loin des projecteurs, dans les années 80 et début 90, il joue un rôle clé dans l'instauration de la TPS. Un dossier chaud et très politique, qui a façonné ce diplômé de l'Université Yale.

Après la débâcle des conservateurs en 1993, Paul Tellier l'entraîne avec lui dans l'aventure du CN et en fait son vice-président. «C'était une boîte qui manquait d'énergie, qui n'avait pas de sens d'urgence, qui n'avait pas de rigueur analytique et qui ne se préoccupait pas du client, raconte M. Tellier. Un revirement s'imposait. J'avais besoin d'un bourreau de travail comme Michael, un gars qui n'avait pas besoin d'être conseillé à tous les jours et qui pouvait courir avec le ballon.» Un style de gestion qui lui colle encore aujourd'hui à la peau, et qu'il n'a pas l'intention d'abandonner à la porte de l'immeuble de la Caisse.

Racines ontariennes

La classe politique en parle déjà abondamment : Michael Sabia est un Ontarien. En bon ami, Paul Tellier a d'ailleurs été franc quand son ancien protégé lui a fait part de l'offre de la Caisse. «On est des collègues de longue date. Michael m'avait consulté et m'avait demandé s'il devait oui ou non considérer l'offre. Je lui ai dit que oui, il devrait. Mais que pour certains milieux, évidemment, nommer quelqu'un de non-Québécois, qui n'était pas né au Québec, qui n'était pas un francophone, ça soulèverait un tollé de critiques. Ces mêmes critiques-là le tiendraient responsable de la TPS, qui n'est pas une taxe très populaire, et le tiendraient responsable du fait que la transaction avec Teachers n'a pas eu lieu avec BCE.»

Un non-Québécois? Michael Sabia a pourtant vécu 16 années au Québec et possède une maison de campagne dans les Laurentides. «Mais il n'y va pas souvent, il travaille trop», précise Paul Tellier. Sa femme ? la fille de l'ancien premier ministre canadien Lester B. Pearson ? et sa fille sont parfaitement bilingues. Encore une fois, l'avocat Paul Tellier défend son ancien collègue à la table de décision de BCE quant à son manque de racines québécoises.

«C'est vraiment un individu pancanadien. D'abord, comme haut fonctionnaire fédéral, il a parrainé la TPS à travers le comité parlementaire. Ensuite au Canadien national. ; encore une fois, une approche pancanadienne. Et chez BCE, encore une fois, dimension internationale, dimension canadienne, d'un océan à l'autre, et ainsi de suite.»

Michael Sabia prend les commandes d'une caisse en plein tumulte, alors que l'institution doit se relever après avoir dévoilé des pertes historiques de 39,8 milliards $ en 2008.

«C'est justement ce défi qui l'intéresse, assure l'ancien pdg de Bombardier. La place que la Caisse joue dans les marchés de capitaux canadiens, le potentiel de la Caisse, mais aussi la nécessité de repenser certaines choses à la lumière de la conjoncture actuelle. C'est le genre de gars qui ne cherche pas une sinécure. Ça n'a jamais été un fonctionnaire qui fait du 9 à 5.»

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