Ce sondage, effectué entre le 12 et le 23 mars auprès de 1000 personnes, démontre que les libéraux ont perdu huit points - après répartition des indécis - depuis la mi-janvier. De son côté, le PQ a gagné 7 % des intentions de vote, et l'ADQ a chuté de 3 %. La remontée du Parti québécois et la chute des libéraux s'expliquent en grande partie par les déboires de la Caisse de dépôt et placement, estime l'analyste de Crop, Maïalène B. Wilkins.
Le taux d'insatisfaction à l'égard du gouvernement Charest a d'ailleurs suivi la même courbe que les intentions de vote. Pas moins de 58 % de la population se dit insatisfaite de la performance du gouvernement, une chute de 15 % en seulement deux mois. En janvier, plus d'un sondé sur deux se montrait satisfait du travail de l'équipe de Jean Charest, contre un maigre 37 % au mois de mars.
Par contre, si le PQ a le vent dans les voiles, la chef péquiste Pauline Marois a du mal à suivre la remontée de son parti. Le libéral Jean Charest demeure en effet le meilleur premier ministre du Québec aux yeux de la population. La lutte est toutefois serrée, puisque Mme Marois récolte 37 % des appuis, contre 38 % pour M. Charest. La chef péquiste a fait une remontée de sept points depuis novembre et son rival libéral en a perdu quatre. L'ex-chef de l'ADQ, Mario Dumont, ne faisait pas partie du choix de réponses cette fois-ci. Il avait récolté 11 % des appuis en janvier.
«Mme Marois n'a pas bénéficié du retrait de Mario Dumont. Elle n'a pas gagné au change, puisqu'on remarque une hausse de 10 % des gens qui n'ont choisi aucun des deux chefs proposés. Le chef a beaucoup d'importance pendant les élections, et Mme Marois a donc encore du travail à faire de ce côté», soutient Mme Wilkins. La chef péquiste a toutefois fait une belle ascension depuis novembre dernier, puisqu'elle est passée de 24 % à 37 % des appuis.
Malgré le regain de popularité du PQ, les Québécois ne sont pas plus enthousiastes face au projet de souveraineté. Seulement 40 % des sondés voteraient Oui à un référendum, contre 60 % pour l'option du Non, ce qui implique que l'appui à la souveraineté est en baisse de trois points depuis janvier après répartition proportionnelle des électeurs discrets.
L'ADQ toujours populaire à Québec
Dans la région métropolitaine de Québec, le Parti québécois et le PLQ se trouvent nez à nez avec 34 % des appuis chacun. Malgré le départ de Mario Dumont, l'ADQ demeure plus populaire dans la capitale que partout ailleurs au Québec avec 18 % des intentions de vote. À Montréal, c'est toutefois le PQ qui est en tête avec 38 % des appuis, contre 34 % pour les libéraux. Les péquistes sont largement en tête dans les intentions de vote chez les francophones du Québec avec près de la moitié des appuis, mais récolte seulement 3 % des intentions de vote chez les non-francophones, contre 64 % pour les libéraux.
Tous ces résultats ne veulent toutefois pas dire que le Parti québécois remporterait les élections si un scrutin avait lieu à court terme, estime Mme Wilkins. «On ne peut pas dire ça. On constate un avantage pour le PQ, mais il faut être prudent et attendre les résultats de deux ou trois autres sondages pour savoir si la tendance se maintiendra», explique-t-elle.
À son avis, la piètre performance du Parti libéral est surtout liée aux déboires de la Caisse de dépôt et à la mauvaise gestion de cette crise par le gouvernement Charest : refus de comparaître en commission parlementaire, nomination d'un nouveau patron de la Caisse le jour de l'interpellation de la ministre des Finances... «Plusieurs voient dans cette attitude le retour de l'arrogance d'un gouvernement majoritaire libéral», avance-t-elle.
Le sondage s'est terminé le 23 mars, quelques jours seulement après le dépôt du budget. Selon Mme Wilkins, le budget a donc un effet mineur sur les résultats de ce coup de sonde, dont la marge d'erreur est évaluée à 3 %.












