Pour le Parti québécois, l'annonce de lundi constitue une erreur grave qui frôle la bêtise.
«C'est une erreur magistrale, je dirais même que c'est presque le symbole de la bêtise humaine», a dénoncé le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'administration publique, Sylvain Simard.
Opposé de façon viscérale à la formule des partenariats public-privé (PPP), le député de Richelieu soutient que les deux consortiums retenus au terme de l'appel de qualification - le Groupe Innisfree-AXOR-OHL-Dalkia et Accès Santé CHUM - vont refiler le risque financier au gouvernement.
«Il n'est pas question de financement là-dedans, c'est donc dire que le gouvernement accepte pratiquement à l'avance d'endosser lui-même les risques (...) Si le risque est endossé par le gouvernement, ce n'est plus un risque. La formule des PPP vient de s'autodétruire d'elle-même», a analysé M. Simard.
Compte tenu des coûts d'emprunts, le député évalue à 2 milliards $ la note supplémentaire que les contribuables devront payer, à terme, en raison «de l'entêtement des libéraux à aller en PPP».
Le porte-parole de l'Action démocratique en matière de santé, Éric Caire, n'accorde de son côté aucune crédibilité à l'évaluation des coûts du projet et ne croit pas que l'échéancier pourra être respecté.
«Ce n'est pas réaliste. Déjà, on est au-delà de ce qui avait été estimé et largement. Et moi, j'ai l'impression que l'appel de propositions nous réserve d'autres surprises au niveau des dépassements de coûts et des échéanciers. L'échéancier de 2013 ne sera pas respecté», a-t-il prédit.
S'il n'est pas à prime abord opposé à la formule des PPP, le député de La Peltrie, candidat à la succession de Mario Dumont à la tête de l'ADQ, n'est pas non plus rassuré par ce qu'il a entendu lors de l'annonce de lundi.
«Si, à cause du défi d'ingénierie, le consortium demande des garanties supplémentaires et que le gouvernement assume le risque, alors là, où est l'avantage?», a laissé tomber le député.
Pour sa part, Québec solidaire juge «aberrante» la décision du gouvernement d'aller de l'avant avec le projet de construction en PPP.
«L'obstination du gouvernement à poursuivre sur la voie des partenariats public-privé tient de l'aveuglement idéologique. Comment décrire autrement le comportement de ce gouvernement qui (refuse) d'abandonner les PPP devant les exemples de fiascos qui s'accumulent», a souligné le député de Mercier Amir Khadir, dans un communiqué.










