«Ce qu'on cherche à faire, c'est comment le débat peut avoir lieu sur la place publique? admet-elle. Il y a déjà des travaux d'entrepris dans les différents comités que j'ai formés. De plus en plus dans les comtés, les gens mettent ça à l'ordre du jour des débats.»
Et que faisait la chef du PQ hier, en plein samedi matin? Elle prêchait par l'exemple, en s'adressant à une soixantaine de militants réunis à Baie-Saint-Paul, dans Charlevoix. Ces derniers ont pu visionner une capsule vidéo accessible sur le Web, rappelant les stratégies vues lors de la campagne de Barack Obama. Sur la table trônait une pile de manifestes, voués à la promotion de la souveraineté. Et tous ces efforts, portés par les 51 députés péquistes, convergeront vers le congrès national dans un an et demi. La crainte d'une accession au pouvoir du PQ sans projet de souveraineté a souvent titillé les militants. Elle réfute de nouveau : «Nous ne mettrons pas le projet de souveraineté sous le tapis ou dans un tiroir, comme vous dites. Nous allons même accentuer le débat.»
Pour la chef péquiste, les astres lui semblent favorables. «Je sens que tout le monde tire dans le même sens, je ne sens pas de dissension [dans le parti]. Ce n'est pas très tangible et massif, mais je sens qu'il y a un mouvement», perçoit Mme Marois.
Elle tient pour preuve des événements qui ont fait la manchette. La sortie de Robert Lepage contre Ottawa, la forte réaction sur l'intention du ministre Flaherty de contrôler l'administration de la taxe québécoise, l'aveu souverainiste du comédien Sébastien Ricard à la sortie du film Dédé à travers les brumes ou encore le boxeur Joachim Alcine, qui a pris habitude de parader avec le drapeau du Québec, sont des exemples servis aux militants.
Souveraineté et crise économique, n'est-ce pas deux sujets incompatibles? «Si nous étions souverains, ça nous donnerait plus de moyens pour passer au travers», répond-elle... encore une fois.
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