Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, mardi, le député de Mercier s'est insurgé de la rencontre du nouveau président de la Caisse, Michael Sabia, avec d'importants hommes d'affaires québécois dans les locaux de Power Corporation, vendredi. L'ex-président de la Caisse, Henri-Paul Rousseau, aujourd'hui vice-président du conseil d'administration de Power, y était.
«On assiste à ce qui a l'apparence d'une espèce de prise de contrôle de la Caisse de dépôt au moment où elle est la plus fragile, a affirmé M. Khadir. Nous aimerions être rassurés sur le fait qu'il n'y a rien dans les décisions de la Caisse de dépôt qui dépend de l'influence du nouveau vice-président de Power Corporation. Il y a un risque réel.»
D'après lui, la famille Desmarais appartient à une certaine élite des affaires qui cherche à intégrer plus à fond l'économie du Canada avec celle des États-Unis. «Ce n'est pas nécessairement dans l'intérêt du Québec de voir la Caisse de dépôt agir de concertation avec ces acteurs-là», soutient le seul député de la formation souverainiste et de gauche.
À l'origine, note l'élu, dans l'esprit de l'ex-premier ministre Jacques Parizeau, la Caisse de dépôt devait donner au Québec la marge de manoeuvre pour assumer ses choix.
Quelque chose de malsain
Aussi, pour faire face à des problèmes de liquidités à venir, la Caisse devra envisager de se départir de ses avoirs immobiliers. Et, d'après le député Khadir, Power Corporation a justement montré de l'intérêt pour l'acquisition de biens immobiliers.
«Il y a quelque chose de malsain», poursuit-il.
Le député s'interroge aussi sur la nomination de M. Sabia, choisi notamment par Robert Tessier, nouveau président du C. A. de la Caisse, qui a été à la tête d'un comité du groupe Investors, une filiale de Power Corporation.
S'ajoute le travail de sape fait auprès du président français, Nicolas Sarkozy, pour nuire aux intérêts des indépendantistes québécois, dénonce M. Khadir. «C'est la famille Desmarais qui a réussi à neutraliser le seul allié international qu'avait le Québec, dit-il. Si le peuple québécois décide de devenir indépendant, c'était notre alliée, la France. Ça, c'est foutu.»











