Départ de Jérôme-Forget: Charest perd son paratonnerre, dit Marois

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Départ de Jérôme-Forget: Charest perd son paratonnerre, dit Marois

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Pauline Marois (photo) juge que le départ de Monique Jérôme-Forget, comme celui l'été dernier de Philippe Couillard, fait la démonstration que Jean Charest ne sait pas retenir en politique les éléments forts de son gouvernement.

Photothèque La Presse

 

Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Les partis d'opposition ont estimé mercredi que la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, quittait la politique après avoir joué le rôle de paratonnerre du premier ministre Jean Charest, à travers la tourmente de la Caisse de dépôt et les secousses provoquées par le retour au déficit.

La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a déclaré que la démission de Mme Jérôme-Forget, annoncée mercredi, lui donnait l'impression que la flamboyante ministre était en service commandé depuis la campagne électorale de l'automne dernier.

Selon Mme Marois, M. Charest voulait éviter d'affronter l'opinion publique au sujet des pertes de la Caisse de dépôt et placement (CDP) et de l'état des finances publiques.

«Monique Jérôme-Forget, finalement, a servi jusqu'à un certain point de paratonnerre à M. Charest, a dit Mme Marois lors d'un point de presse. Elle a été au front dans beaucoup de dossiers dernièrement; je pense évidemment au budget, je pense à la Caisse de dépôt et placement. D'ailleurs, pendant un certain temps, on ne voyait pas M. Charest, et c'était Monique Jérôme-Forget qui était au front.»

La chef péquiste a soutenu qu'après avoir encaissé les coups dans ces deux dossiers, la ministre n'en était pas sortie indemne.

«Elle a perdu, dans les derniers mois, une certaine crédibilité, je conviens de ça, et je pense que vous l'avez vu comme moi, a-t-elle dit aux journalistes. Vous dire le contraire, ce serait vivre sur une autre planète.»

Un «bouclier»

Le porte-parole adéquiste des finances, François Bonnardel, a déclaré qu'avec le départ de Mme Jérôme-Forget, le premier ministre perdait son «bouclier» et devenait imputable du dernier budget déficitaire et des problèmes de la CDP.

«Les mots qui sortaient de la bouche de la ministre des Finances donnaient une certaine crédibilité au gouvernement, mais aujourd'hui ce n'est pas le cas, a-t-il dit lors d'un point de presse. C'est une situation qui est vouée à l'échec du côté du gouvernement, du côté du Parti libéral du Québec. Et aujourd'hui, le premier ministre va en payer un prix.»

À la veille du déclenchement de la dernière élection, à l'automne, Mme Jérôme-Forget avait promis l'équilibre budgétaire pour l'année financière 2009-2010, offrant ainsi une belle carte de visite aux libéraux en campagne.

Mais lors du dernier budget, la ministre a fait basculer les finances publiques en terrain déficitaire jusqu'en 2013.

Mme Jérôme-Forget a aussi été aux prises avec les nombreux rebondissements de la CDP, qui a inscrit des pertes historiques de 40 milliards $ pour son dernier exercice.

Mme Marois a dressé un bilan du passage de Mme Jérôme-Forget en affirmant que son premier mandat a été «plus lumineux», alors qu'elle s'est appliquée à préserver l'équilibre budgétaire et qu'elle a conclu les ententes sur l'équité salariale.

«La dernière année et demie, elle est sortie complètement des objectifs qu'elle s'était fixés, a-t-elle dit. Elle les a mis de côté parce qu'on se retrouve avec une situation budgétaire très critiquable, un déficit qui va nous amener à augmenter la dette sur deux ans de 20 milliards $.»

Bilan négatif

M. Bonnardel a pour sa part soutenu que Mme Jérôme-Forget partait en laissant un bilan négatif.

«La ministre des Finances quitte la vie politique sur un échec, a-t-il dit. C'est dommage parce que la Caisse de dépôt, l'explosion de la dette, une réingénierie de l'État qui n'a jamais existé, c'est le constat, aujourd'hui, qu'on doit donner à la ministre des Finances.»

Le coporte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, a affirmé que l'héritage de la ministre des Finances était peu reluisant, notamment parce qu'elle a défendu les partenariats entre le gouvernement et le secteur privé.

«C'est les partenariats publics-privés en santé qui sont maintenant (...) durement critiqués, a-t-il dit. Je pense que son héritage, comme celui du gouvernement, est très négatif.»

Selon Mme Marois, ce nouveau départ, qui s'ajoute à celui de l'ancien ministre de la Santé, Philippe Couillard, démontre que M. Charest est incapable de motiver des membres importants de son cabinet pour traverser une période difficile économiquement.

«En juin, le Dr Couillard avait décidé de ne pas se représenter. Ce sont des figures significatives pour le Parti libéral, figures importantes, a-t-elle dit. Et M. Charest n'a pas su les retenir, alors que la situation est particulièrement difficile. À mon point de vue, il doit assumer une part de responsabilités dans ce départ.»

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