Le député-ministre d'Outremont a reçu cette nouvelle mission mercredi, quelques heures après que la «dame de fer» du gouvernement de Jean Charest eut annoncé sa retraite de la politique active.
M. Bachand affichait un large sourire lorsqu'il s'est présenté devant les journalistes, en compagnie du premier ministre Charest. Il remplace une femme qui a laissé la maison en ordre, a fait valoir celui qui est déjà ministre du Développement économique.
Il s'amène à ce ministère-clé «à une époque de grands défis, a-t-il convenu. Le défi du Québec, c'est de s'assurer que notre économie continue à rouler grâce à ce qu'on fait. C'est une bonne période pour avoir une jonction entre le développement économique et le ministère des Finances et pour garder le cap sur la rigueur budgétaire pour l'avenir.»
Depuis 2005
Plusieurs collègues et journalistes lui prêtent l'ambition d'accéder aux Finances depuis qu'il a été élu à l'Assemblée nationale, en décembre 2005. M. Bachand avait lui-même causé la surprise en acceptant de se présenter pour le Parti libéral du Québec. Il est proche des milieux d'affaires. Mais il a longtemps été associé aux souverainistes.
Avant de faire le saut en politique, il dirigeait le Fonds de solidarité de la FTQ, une organisation dont les dirigeants syndicaux ont toujours été proches du Parti québécois.
M. Bachand a d'ailleurs oeuvré dans des cabinets politiques du PQ, notamment pour Pierre Marc Johnson, un ancien premier ministre.
Les nouvelles fonctions assumées par Raymond Bachand viennent briser la parité entre hommes et femmes qui régnait au Conseil des ministres de Jean Charest. Celui-ci s'est toujours vanté de cet équilibre.
Il faut s'attendre à ce que Jean Charest remanie son cabinet pour faire accéder une de ses députées à un fauteuil ministériel. Cette nomination et le jeu de chaises musicales entre ministres ne devraient pas avoir lieu avant la fin du mois de juin, selon les conseillers politiques.
Et Jérôme-Forget
Mercredi, Monique Jérôme-Forget a tiré un trait sur une carrière politique. Depuis l'accession au pouvoir de Jean Charest, elle s'est imposée comme le pilier central du gouvernement libéral.
En conférence de presse, elle a d'abord cité le règlement sur l'équité salariale lorsqu'elle a mentionné les trois dossiers qui lui ont apporté le plus de satisfaction. «Ce seul dossier valait la peine d'aller en politique», a-t-elle confessé.
Le programme d'investissements pour rénover les infrastructures à coups de milliards fait aussi sa fierté, des infrastructures dont l'état de délabrement était «navrant». La ministre démissionnaire a aussi mis en valeur «le contrôle des dépenses qui a permis au gouvernement de faire des choix».
Les derniers mois de son passage à la tête des Finances ont été assombris par le mauvais temps économique. En campagne électorale, elle avait soutenu que son gouvernement éviterait de sombrer dans les déficits. Elle n'a pu tenir promesse avec son budget, écrit à l'encre rouge, prévoyant un «trou» de 3,9 milliards $, dans les finances publiques.
Mercredi, la ministre démissionnaire a réitéré que les prévisions de tous les experts avançaient que le Québec échapperait à la récession, ce qui n'est pas le cas. La nouvelle retraitée a insisté que, si elle est invitée, elle ira témoigner à la commission parlementaire qui se penchera sur les résultats désastreux de la Caisse de dépôt et placement du Québec.
Avec la collaboration de Julie Lemieux













