Ardent promoteur d'un lien ferroviaire rapide entre Québec et Windsor, Régis Labeaume salue la décision du président américain de faire du train à grande vitesse (TGV) l'une des pierres angulaires de son plan de relance de l'économie américaine. Au tour du Canada de faire sa profession de foi.
«Je pense que notre premier ministre doit donner des signaux clairs et ne pas trop tarder», estime Régis Labeaume en entrevue au Soleil. Sans quoi, les États-Unis pourraient être tentés d'abandonner leur projet de se relier à leur voisin du nord par un lien avec Montréal, ce qui représenterait une catastrophe pour le maire de Québec.
«Nos économies sont tellement complémentaires qu'on ne peut pas dormir là -dessus. Si les États-Unis vont de l'avant, il est temps qu'on se réveille», poursuit Régis Labeaume, rappelant que le pays au sud de la frontière a pourtant la réputation d'être plus conservateur que son voisin du nord.
Et pourtant, le maire de Québec juge bien timide la démarche des gouvernements fédéral, québécois et ontarien entreprise pour réactualiser l'étude de faisabilité d'un lien ferroviaire rapide. «Il va falloir que le gouvernement fédéral y pense vite. Oui, il y a une étude, mais au-delà de ça, il faut qu'on sente la foi. Je n'ai pas senti beaucoup de foi dans ce projet. Il faut que les gouvernements soient résolus à le faire», plaide Régis Labeaume.
Estimant avoir été quelque peu ridiculisé après avoir parlé d'un train rapide avec Chicago, Régis Labeaume n'est pas peu fier de voir annoncé un projet de relier la ville américaine et Detroit, voisine de Windsor au Canada. Surtout que Chicago sera appelée à jouer un rôle de carrefour principal dans le réseau ferroviaire rapide des États-Unis. «Avant, il fallait être un peu visionnaire [pour parler TGV]. À partir du moment où les États-Unis s'alignent, la question est de savoir combien de retard on va prendre», dit-il.
Tourné vers l'avenir
Pour M. Labeaume, le plan d'Obama est résolument tourné vers l'avenir. «Si on se dirige bel et bien vers une faillite de GM, ce gars-là est rendu à l'alternative pour la nation américaine. Il est cohérent, il est rendu dans le futur.» Et le Canada, où est-il? «Je ne sais pas. Jusqu'à maintenant, on n'a pas acquis la conviction qu'on est dans un nouvel univers. On n'a pas encore accepté que l'avenir des transports passe entre autres par [le TGV].»
Malgré le signe encourageant donné par le président américain, le maire reste craintif. «Toutes les planètes sont alignées pour qu'on oublie Québec. Je ne mentirai pas là -dessus, c'est clair pour moi», déplore-t-il.
Même son de cloche du côté de la Chambre de commerce de Québec. Son président, Christian Goulet, croit que l'annonce d'Obama donne encore plus de valeur au projet de train rapide, à condition qu'on ne s'arrête pas à Montréal.
«Ça souligne la nécessité d'agir plus rapidement dans ce dossier, souligne-t-il. Toutefois, il est primordial de s'assurer qu'on ne nous oublie pas et que Québec soit raccordée au réseau.»
Du côté du cabinet de la ministre des Transports, Julie Boulet, on préférait réserver ses commentaires, n'étant pas encore au fait du projet américain. Le Soleil n'a pu non plus recueillir les réactions du ministre responsable de la région de Québec, Sam Hamad, celui-ci étant à l'extérieur du pays.
Avec Jean Pascal Lavoie














