«Limbo éthique» du PLQ

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Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Le Parti québécois attaque de nouveau le gouvernement Charest sur la question de l'éthique. Hier, le critique Stéphane Bédard a dénoncé une modification aux règles qui permettrait à une compagnie appartenant à un ministre de signer des contrats avec l'État, y compris avec le ministère dont il est titulaire.

En Chambre, le député péquiste a accusé le premier ministre Jean Charest d'avoir changé pour une troisième fois, depuis qu'il a pris le pouvoir, en 2003, les normes sur l'éthique des membres de son gouvernement. M. Bédard a suggéré que cela explique le retard à publier les déclarations d'intérêts que les ministres sont dans l'obligation de produire.

Lors d'un point de presse, le député du PQ a dit ignorer quel ministre bénéficiera des nouvelles règles. Par contre, a avancé M. Bédard, la nouvelle directive fait en sorte «qu'en 2009, le bar est open (pour donner des contrats). C'est du limbo éthique, carrément. Toute société détenue par le ministre (peut) transiger même avec son propre ministère».

Sur le parquet du Salon bleu de l'Assemblée nationale, le leader parlementaire de Jean Charest a répliqué que les exigences n'ont pas été abaissées. «Le ministre Jacques Dupuis a cependant plaidé «qu'il y a des cas particuliers qui requièrent d'adapter les règles». L'entourage du ministre n'a pu préciser quels sont ces «cas particuliers».

Conduite suspecte

Depuis les élections générales du 8 décembre, le PQ a mis en lumière plusieurs dossiers qu'il considère comme des manquements à la conduite que doivent observer les membres du cabinet du premier ministre. Lundi, la chef péquiste, Pauline Marois, en a énuméré plusieurs, lors de l'étude des crédits du ministère du Conseil exécutif, le ministère du premier ministre.

La leader du Parti québécois est revenue à la charge contre l'ex-­ministre de la Santé, Philippe Couillard. Comment Jean Charest a-t-il pu permettre à M. Couillard de signer un contrat d'embauche avec une firme privée et à quel moment le premier ministre en a-t-il été avisé? a soulevé Mme Marois.

Elle s'est notamment posé des questions sur Pierre Corbeil, redevenu ministre en décembre. Celui-­ci a contrevenu aux règles en devenant conseiller d'une compagnie minière quelques mois à peine après avoir subi une défaite électorale, au printemps 2007, a souligné la chef.

Dans un communiqué de presse, Pauline Marois a critiqué le fait que Jean Charest n'a toujours pas «doté le Québec d'un commissaire à l'éthique. (...) Pourquoi le premier ministre refuse-t-il d'inscrire la rémunération qu'il reçoit de sa formation politique dans sa déclaration d'intérêts?» a-t-elle ajouté.

Hier, devant les journalistes, Stéphane Bédard a cependant refusé de dire qu'un recul se produit au gouvernement, en matière de moralité. «En général, au niveau de la probité, notre démocratie est saine», a-t-il commenté.

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