FIER du Saguenay-Lac-St-Jean: de l'argent pour la région investi à Montréal

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FIER du Saguenay-Lac-St-Jean: de l\'argent pour la région investi à Montréal

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Pietro Perrino (à gauche) est un ancien organisateur libéral de plusieurs chefs. Valier Boivin (à droite) est quant à lui un contributeur à la caisse du Parti libéral du Québec. Les deux sont administrateurs du FIER?Boréal au Saguenay?Lac-Saint-Jean.

FIER Boréal

Simon Boivin et Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Un des deux Fonds d'intervention?économique?régional (FIER) du Saguenay?Lac-Saint-Jean investit son argent à Montréal, dans des firmes où des actionnaires sont à la fois administrateurs du Fonds et propriétaires de la compagnie, dénonce le Parti québécois (PQ).

Le critique péquiste François Legault a soulevé, mercredi, à l'Assemblée nationale, une autre affaire embarrassante pour Jean Charest et son gouvernement. L'organisme, dont la mission est de favoriser le développement de la région, n'a effectué qu'un seul placement au royaume des Bleuets, a lancé M. Legault, une affirmation contredite par un des gestionnaires.

Selon un relevé gouvernemental, le FIER Boréal a réservé un modeste 750 000 $ à une firme de Saint-Prime, au Lac-Saint-Jean. Cela ne fait pas le poids avec les 5,3 millions $ à sept compagnies se trouvant sur l'île de Montréal et dans sa banlieue, a poursuivi M. Legault. Selon lui, il s'agit d'une violation des règles qui prévoient que les FIER doivent consacrer 50 % des sommes à leur région d'origine.

Le député de Rousseau a précisé que deux des trois administrateurs du Fonds sont des libéraux de longue date possédant des parts dans au moins quatre des compagnies qui ont empoché l'argent. Tous deux demeurent dans l'agglomération montréalaise. Il s'agit de Pietro Perrino, ancien organisateur libéral de plusieurs chefs, et de Valier Boivin, un contributeur à la caisse du Parti libéral du Québec (PLQ).

«Quand on voit que la majeure partie des investissements sont faits dans des entreprises détenues par les administrateurs, de toute évidence, il y a un sérieux [...] problème d'éthique», a relevé le péquiste en point de presse. À ses yeux, le conflit d'intérêts est flagrant.

François Legault a martelé qu'il flotte des airs de partisanerie politique autour du dossier. Gilbert Grimard fait partie des trois administrateurs du FIER Boréal et M. Grimard occupe le poste de vice-président du PLQ, a-t-il insisté.

L'élu du Parti québécois a soulevé des doutes sur le travail de surveillance d'Investissement Québec, la société d'État qui parraine les FIER. Il a visé deux des membres du comité responsable  : Jean-Sébastien Lamoureux, un député libéral contraint de démissionner à la suite d'une fraude électorale commise par ses organisateurs, en 1998; et Liza Frulla, commentatrice politique, mais aussi une élue du PLQ, de 1989 à 1998.

Pour M. Legault, le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, doit porter une large part de responsabilités. «Je m'excuse», mais M. Bachand ne peut s'en laver les mains, a-t-il plaidé.

À l'Assemblée nationale, le ministre a semblé surpris par certaines informations. «S'il y a des allégations de choses qui ne sont pas correctes, Investissement Québec enquêtera.»

Vérification

En fin de journée, le président d'Investissement Québec a confir­mé qu'il se charge de la vérification. «Il y a des allégations sérieu­ses que je n'aime pas», a commenté Jacques M. Daoust en invitant les journalistes à la prudence.

En soirée, un des actionnaires visés par les attaques du PQ a affirmé au Soleil que la règle sur le partage des investissements a été suivie «de façon rigoureuse. Trois millions de dollars ont été investis au Saguenay?Lac-Saint-Jean et 3 millions $ à l'extérieur», a soutenu Pietro Perrino.

Il ne voit pas en quoi il devrait se sentir coupable de conflit d'intérêts, en tant qu'administrateur du FIER qui détient des actions dans des firmes recevant une aide du Fonds. «Je n'en reviens pas!

«Nous investissons dans des start-up [de petites entreprises démarrant dans des domaines risqués]. Nous mettons de notre propre argent dans l'affaire. Nous ne sommes que de petits actionnaires. [Quand je sollicite des fonds], si ce n'est pas bon pour moi [d'investir], comment convaincre un [promoteur] privé de le faire?» a plaidé M. Perrino.

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