Le péquiste François Legault persiste, signe et en rajoute. La compagnie dont sont actionnaires Pietro Perrino, un ancien organisateur libéral, et Valier Boivin, contributeur à la caisse du PLQ, a reçu de l'argent des FIER du Saguenay, de Laval et du Bas-Saint-Laurent, a-t-il lancé en Chambre, jeudi.
Administrateurs et fondateurs du FIER-Ville-Marie (Laval), MM. Perrino et Boivin ont investi dans quatre entreprises dont ils détiennent des parts. Et, souligne François Legault, avant qu'ils accèdent au conseil d'administration du fonds du Saguenay, ce dernier accordait des sommes aux quatre mêmes compagnies.
«Supposément, M. Perrino n'a rien à voir là-dedans, s'est offensé M. Legault à la suite d'une réponse du ministre Raymond Bachand. Est-ce qu'il prend le monde pour des valises?»
Plus tard, lors de l'étude des crédits, le président d'Investissement Québec, Jacques Daoust, a convenu de la similitude des investissements entre les deux fonds. «Est-ce que ces gens-là ont suffisamment d'influence pour convaincre leurs collègues d'investir? C'est très possible.» M. Daoust doit produire aujourd'hui une liste détaillée des entreprises de MM. Perrino et Boivin et du moment à partir duquel elles ont été financées.
Pour la chef de l'opposition, Pauline Marois, «à première vue», il s'agit d'un conflit d'intérêts. «Quand on gère des fonds publics, il faut être au-dessus de la mêlée, au-dessus de tout soupçon», a-t-elle commenté.
De son côté, le porte-parole adéquiste en matière de Finances, François Bonnardel, s'est inquiété de voir des sommes passer d'une région à une autre. Il a donné l'exemple de deux FIER de l'Estrie, qui investissent près de 70 % de leur argent ailleurs. Certains fonds doivent parfois être rappelés à l'ordre, a convenu M. Daoust.
En Chambre, le député de Shefford a accusé les libéraux de Jean Charest de créer une crise de confiance envers le gouvernement en faisant si peu de cas des questions éthiques.
«Ce que le gouvernement libéral est en train de faire, c'est de discréditer toute la classe politique avec des agissements dignes de la Grande Noirceur, a lancé M. Bonnardel.














