Le président de ce fonds d'intervention économique régional (FIER), Alphonse Bernard, a fourni cet état de situation au Soleil, lundi. Il a aussitôt insisté sur le fait que d'autres projets sont en route et qu'ils se matérialiseront, eux, sur la péninsule gaspésienne.
Joint à Carleton, où il possède un bureau d'experts-comptables, M. Bernard a indiqué que le Groupe Campeau, propriétaire d'une flotte d'autobus, a reçu récemment 750 000 $ de l'organisme qu'il préside.
Aucun emploi n'a été créé avec une injection de capital qui sert à consolider les «acquisitions [...] d'un des gros joueurs du transport scolaire», établi à Gatineau, a-t-il commenté. Deux autres FIER, celui de Lanaudière, près de Montréal, et celui de l'Outaouais, ont aussi versé de l'argent au même entrepreneur, a-t-il ajouté.
La semaine dernière, le Parti québécois a soulevé un tollé en révélant qu'un des deux fonds du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui comptent sur une participation privée, le FIER Boréal 02, a massivement investi hors de sa région d'origine.
En entrevue téléphonique, Alphonse Bernard a répondu qu'il ne se sent pas mal à l'aise que le premier chèque de son fonds soit encaissé à l'extérieur de la Gaspésie.
Selon lui, c'est une question de jours avant qu'une seconde annonce ne soit faite. Il ne peut révéler l'identité de la firme, mais cette compagnie se trouve en sol gaspésien et recevra 500 000 $, a-t-il assuré. Un autre projet, dont l'investissement totalise aussi 500 000 $, également prévu pour la Gaspésie, est en bonne voie de se réaliser, a poursuivi M. Bernard.
Règle violée
Une des règles imposées par le gouvernement exige que les FIER consacrent au moins la moitié de leurs capitaux à des investissements dans leur région. Cette règle est temporairement violée par le fait qu'il n'y a qu'une entente, a reconnu M. Bernard.
Les deux autres projets la rétabliront. À terme, ce fonds disposera de 5 millions $ et «ce qu'on voit, c'est qu'on n'aura pas de misère» à remplir l'obligation d'investir régionalement. «C'est sûr qu'on manquera de fonds, à un moment donné», a-t-il prédit.
Les choses sont plus difficiles pour le démarrage, a concédé Alphonse Bernard. «Les promoteurs ne pleuvent pas dans notre région», a-t-il glissé. Les capitaux proviennent à 90 % de Gaspésiens vivant hors de la région, mais qui n'ont pas oublié leur coin de pays, a poursuivi le président.
À l'Assemblée nationale, le Parti québécois a mis l'accent sur le fait que deux des trois actionnaires du Fonds Boréal 02, Pietro Perrino et Valier Boivin, sont des sympathisants libéraux de longue date, demeurant dans l'agglomération montréalaise, dont les firmes ont bénéficié de l'aide de leur FIER.
M. Bernard a fait valoir qu'il n'y a pas lieu de soupçonner que le fonds gaspésien fasse l'objet d'un jeu de coulisses politique. «La seule discussion que nous avons, c'est : est-ce que vous avez de bons dossiers?»
Quatre des huit gestionnaires du FIER demeurent à l'extérieur de la Gaspésie, dont Sylvain Langis, à Boucherville, révèle le Fichier central des entreprises. M. Langis est à l'abri de tout conflit d'intérêts même s'il est président d'une grande compagnie de transport par autobus, a témoigné Alphonse Bernard.
Orléans Express n'a aucun lien avec le groupe Campeau, qui oeuvre dans le transport scolaire, a tenu à signaler M. Bernard. La seule raison de la présence de M. Langis réside dans son «expertise» pour étudier les dossiers économiques.
Le président d'Orléans Express a été attaché politique dans un lointain passé, a convenu le président du FIER. Mais il fait partie «des gens originaires de la Gaspésie qui ont encore à coeur la Gaspésie».




















