L'ADQ dévoile un nouveau lien FIER-libéraux

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L\'ADQ dévoile un nouveau lien FIER-libéraux

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Mardi, l'adéquiste a indiqué que l'affaire soulève un problème d'éthique et d'apparence de conflit d'intérêts. «Tous ces gens-là sont dans le même édifice et jouent avec l'argent des fonds publics», a soulevé François Bonnardel.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Le programme des Fonds d'intervention économique régional - les FIER - est miné par l'apparence de conflit d'intérêts. Le dernier cas dévoilé par l'ADQ touche de nouveau un sympathisant libéral, l'homme d'affaires Charles Sirois.

Au moment où le Parti québécois exige un grand ménage dans les règles balisant l'utilisation de ces fonds subventionnés à 66 % par l'État, l'Action démocratique du Québec a révélé l'existence de surprenants colocataires.

Télésystème limitée, le navire-amiral des entreprises appartenant à M. Sirois, demeure à la même adresse, sur le boulevard René-Lévesque, à Montréal, que le FIER ID, a lancé à l'Assemblée nationale le député adéquiste François Bonnardel.

Sous le même toit, a-t-il poursuivi, se trouve un organisme gouvernemental de «réseautage» dans le milieu des affaires. Anges Québec est présidé par François Gilbert, un ex-associé de Charles Sirois, a ajouté M. Bonnardel.

Le FIER ID et les deux Fonds de la région de Québec (Cap-Diamant et Succès) ont investi dans une filiale appartenant à Télésystème, I Perceptions. M. Gilbert est un des gestionnaires du FIER Succès.

En point de presse, mardi, l'adéquiste qui représente Shefford a indiqué que l'affaire soulève un problème d'éthique et d'apparence de conflit d'intérêts. «Tous ces gens-là sont dans le même édifice et jouent avec l'argent des fonds publics», a soulevé M. Bonnardel.

Il s'est cependant gardé de porter des accusations de favoritisme. «Je ne prétends rien. Je n'accuse personne. Ce que je dis, c'est qu'il y a des choses assez particulières avec des gens qui grouillent encore une fois dans des conseils d'administration et qui mettent en place des FIER.»

Charles Sirois est considéré comme un proche du premier ministre Jean Charest. Il a présidé le comité pour recruter les candidats libéraux, lors des élections générales de 1998.

La semaine dernière, le Parti québécois a allumé la mèche de cette affaire qui embarrasse le gouvernement Charest. Le critique François Legault avait divulgué que deux libéraux de longue date, Pietro Perrino et Valier Boivin, de la région de Montréal, sont actionnaires de firmes qui ont bénéficié de l'aide de deux FIER dont ils sont aussi les gestionnaires.

Le député Legault est revenu à la charge. Il a rendu public des documents qui démontrent que les deux hommes détenaient en 2005 des actions dans une des compagnies, ZoomMed, bien avant que le FIER Ville-Marie, dont ils sont des dirigeants, n'y injecte des capitaux.

Responsable des Fonds d'intervention économique, le ministre Raymond Bachand (Développement économique) a évité de répondre s'il juge que ces administrateurs se trouvent en conflit d'intérêts. Devant les parlementaires, il a préféré soulever le fait que Claude Blanchet, le conjoint de la chef péquiste Pauline Marois, est partie prenante dans des entreprises qui reçoivent un coup de main des FIER M. Blanchet n'est pas administrateur d'un des Fonds.

Selon le PQ, une enquête doit être lancée pour faire la lumière sur la gestion qu'il estime erratique des FIER. En lançant ses attaques, le Parti québécois a pris l'exemple d'un des deux Fonds du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui a investi presque tous ses capitaux dans des compagnies de la région montréalaise.

Mardi, Le Soleil a rapporté que le premier placement - 750 000 $ - effectué par le FIER de la Gaspésie se retrouve dans une compagnie de l'Outaouais. Le président de ce Fonds, Alphonse Bernard, nous a contacté pour corriger une information : l'organisme a déjà conclu une entente de 500 000 $ avec une firme qui s'établira, elle, sur la péninsule gaspésienne.

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