La mitraille a repris de plus belle, mercredi, à l'Assemblée nationale, contre le ministre Raymond Bachand, responsable des FIER. Au moment où le gouvernement déclenche une enquête interne, l'opposition officielle juge que seul le Vérificateur général peut faire la lumière sur les irrégularités et les conflits d'intérêts dont serait truffé le programme des FIER.
La semaine dernière, le critique péquiste François Legault a dévoilé que M. Boivin est gestionnaire dans deux FIER qui ont accordé une aide à quatre firmes dans lesquelles il détient une participation. Mercredi, M. Legault a ajouté que l'une des compagnies, Système BUS, a versé 202 000 $ au même Valier Boivin, pour services rendus comme avocat. Y a-t-il eu conflit d'intérêts? a lancé l'élu du Parti québécois.
Le critique adéquiste a pris un autre exemple pour enfoncer le même clou. François Bonnardel est revenu sur une affaire qui gravite autour de Charles Sirois, homme d'affaires et proche du Parti libéral du Québec.
«Est-ce qu'un investisseur peut démarrer un FIER, obtenir deux fois son investissement de l'argent des contribuables, siéger sur ce conseil d'administration et réinvestir ces fonds publics dans ses propres entreprises?» a demandé sans jamais mentionner de nom l'élu de l'ADQ.
À Raymond Bachand, qui, lui, plaidait qu'il existe un code d'éthique pour les FIER, François Bonnardel a soutenu que «le ministre ferme les yeux sur des irrégularités. Comment peut-on être certain que ces deniers publics seront dépensés adéquatement et pas pour favoriser les petits amis?»
En Chambre comme en point de presse, la chef du PQ a fait valoir que le ministre Raymond Bachand s'est «complètement disqualifié [...] et discrédité» avec les explications qu'il a fournies, ces derniers jours. Pour Pauline Marois, il n'existe qu'une voie, «confier un mandat spécial au Vérificateur général du Québec».
Malgré les controverses, les FIER constituent un «programme qui marche bien», persiste à dire le ministre Bachand. Il a cependant réclamé que la société d'État Investissement Québec, responsable des FIER, «procède à un examen minutieux de la gouvernance du programme et des règles de conflit d'intérêts et qu'elle nous revienne avec des recommandations».
C'est trop peu pour Pauline Marois. La chef du PQ ne croit pas à une formule où le ministre et Investissement Québec enquêteront «sur eux-mêmes. Ce n'est absolument pas crédible». Les FIER-Régions sont des organismes où le secteur privé fournit le tiers des fonds, tandis que le gouvernement assure le reste de la mise.

















