Dans un communiqué diffusé en février 2008, à titre de ministre parrain de la région des Laurentides, M. Whissell a fait savoir que des investissements de 222 millions $ seraient consacrés au réseau routier de cette région. La municipalité de Rivière-Rouge a eu droit à la réfection d'un bout de la route 117.
Ces travaux sont exécutés par A.B.C. Rive-Nord. M. Whissell possède des parts dans cette firme dont le nom apparaît dans la déclaration d'intérêts du ministre, divulguée la semaine dernière.
Selon nos informations, A.B.C. Rive-Nord a réalisé un contrat de 4 974 000 $ dans cette municipalité située au nord de Montréal. La compagnie a été choisie à la suite d'un appel d'offres public.
Une source nous assure que des quatre soumissionnaires, l'entreprise appartenant en partie au ministre a présenté l'offre la plus basse. Cette source précise que le choix de la firme a été arrêté en juillet, cinq mois après la conférence de presse pour dévoiler les investissements par le ministère des Transports. «M. Whissell ne pouvait savoir que sa compagnie serait choisie», s'est fait dire Le Soleil.
Mardi, la radio de Radio-Canada a dévoilé qu'A.B.C. Rive-Nord a obtenu en trois ans tout près de 28 millions $ en contrats des Transports. Ce ministère confirme qu'il a accordé 16 contrats, totalisant 11,5 millions $, en 2008-2009. L'entente pour Rivière-Rouge en fait partie.
Selon Radio-Canada, en 2006, lorsque M. Whissell était simple député, A.B.C. Rive-Nord a récolté huit ententes au ministère des Transports, pour une valeur de 5 millions $. En Chambre, le Parti québécois a signalé que la valeur des travaux confiés à l'entreprise a doublé l'année où l'élu représentant Argenteuil a accédé au Conseil des ministres.
Pour le critique péquiste Stéphane Bédard, le dossier en est un de conflit d'intérêts criant. Il a souligné que les assouplissements, apportés en 2007 par Jean Charest, au code d'éthique des membres de son cabinet l'ont été pour tenir compte des intérêts que possède David Whissell. «Cela était interdit en 2007. Comment le premier ministre peut-il accepter qu'une entreprise d'un membre du Conseil des ministres puisse transiger avec l'État?»
Campagne de salissage des réputations, a rétorqué Jacques Dupuis, le leader parlementaire du gouvernement. Le Parti québécois omet de dire que la hausse du nombre de contrats à la firme A.B.C. Rive-Nord est largement inférieure, en proportion, à l'augmentation des ententes que signe le ministère des Transports. «Les affaires du [député-ministre] d'Argenteuil sont sans droit de regard, a enchaîné M. Dupuis. Il ne peut influencer d'aucune façon» le processus d'octroi des contrats.
En après-midi, le ministre Whissell a déclaré à La Presse Canadienne qu'il n'avait rien à se reprocher.
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