Des clowns proches des libéraux

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Des clowns proches des libéraux

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La ministre Marguerite Blais

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Dr Clown, la compagnie à qui Québec a accordé un contrat de divertissement thérapeutique pour les personnes âgées, est connue des cercles politiques, en particulier libéraux.

Des membres du conseil d'administration sont donateurs à la caisse libérale. Le président du conseil a rencontré la ministre des Aînés, Marguerite Blais, il y a quelques mois. Cela s'est fait à la demande d'un ancien chef du Parti québécois, avance cette dernière, ce qui est contredit par le principal intéressé.

Ces informations découlent de vérifications effectuées, ces derniers jours, au sujet d'une entreprise sans but lucratif dont les administrateurs siègent à titre de bénévoles.

Selon le registre des contributeurs politiques que tient le Directeur général des élections, trois des membres du C. A. ont versé régulièrement des fonds au Parti libéral du Québec. En quelques années, Réal Brunet, JacquesValotaire et Germaine Gibara ont respectivement donné 7600 $, 2750 $ et 3000 $.

Contrat de 293 000 $

La ministre des Aînés devait rendre publique, cette semaine, la signature d'un contrat de quatre ans avec Dr Clown, d'une valeur de 293 000 $. Le président du conseil d'administration, Réal Brunet, a cependant rencontré Mme Blais, le 20 février, un peu plus d'un mois avant la ratification de l'entente. En entrevue, Marguerite Blais a d'abord hésité à confirmer la réunion. «Oui, j'ai rencontré M. Brunet, a-t-elle finalement indiqué. La raison pour laquelle je ne vous l'ai pas dit tout de suite, c'est parce que je ne voulais pas impliquer André Boisclair, qui est l'ancien chef du Parti québécois.»

Lors d'un entretien téléphonique, l'ex-leader du PQ s'est montré surpris. Dr Clown «est un organisme de la circonscription de Marguerite Blais, qu'elle connaît très bien, à qui elle a remis un prix» lorsqu'elle dirigeait la Fondation du maire de Montréal.

Les notes biographiques de l'Assemblée nationale informent que Mme Blais a été directrice générale de la Fondation de 1996 à 2003. Le site Internet de Dr Clown signale avoir reçu un prix de cet organisme caritatif en 2002.

Selon la ministre, elle a été contactée à l'origine pour participer à un événement-bénéfice de l'organisme. Au cours d'une réunion, MM. Boisclair et Brunet ont profité de l'occasion pour parler du projet d'envoyer des clowns divertir et contribuer à soigner les personnes âgées dans les centres hospitaliers de soins de longue durée.

La ministre a insisté auprès du Soleil que «je ne connais pas M. Brunet plus que cela. Vous me demandiez si je savais que M. Brunet était contributeur du PLQ. Je ne regarde pas cela», a-t-elle avancé. Elle a plaidé que c'est le Secrétariat aux aînés qui est seul chargé de l'«analyse scrupuleuse» des projets à subventionner.

André Boisclair n'a pas tergiversé sur les liens qu'il a avec Réal Brunet, tout contributeur libéral qu'il soit. Tous deux travaillent chez Ernst & Young. Le consultant en pratiques climatiques et développement durable André Boisclair a notamment pour patron Réal Brunet.

«Bon ami» de Boisclair

«C'est un bon ami», a ajouté M. Boisclair. Ils partagent en commun le fait que des membres de leur entourage ont souffert de la maladie d'Alzheimer. André Boisclair a pu voir «et évaluer le travail [de Dr Clown] auprès des gens qui ont des troubles cognitifs. Ils font un travail remarquable. En termes de loisirs et de qualité de vie [pour les personnes demeurant dans les CHSLD], un sourire, une présence, une visite, ça fait une différence». Surtout, a-t-il insisté, l'organisme n'a «rien à voir avec la politique».

L'organisation, qui se retrouve pour les mauvaises raisons sous les feux de la rampe, a confirmé son statut d'entreprise sans but lucratif. Les membres du C. A. ne reçoivent aucune rémunération, a dit une de ses dirigeantes.

La semaine dernière, la ministre Marguerite Blais a déclenché une tempête dans les médias lorsqu'elle a réagi à des reportages alarmants sur les CHSLD en dévoilant que, pour briser la solitude des plus vieux de la société, elle financera notamment l'envoi de ces amuseurs dans les résidences spécialisées. «On se sert du terme, mais Dr Clown est une organisation sérieuse, a laissé tomber notre interlocutrice au sein de l'organisme. Nous sommes complètement apolitiques.»

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