Hier, les critiques n'ont pas tardé à se manifester après que le premier ministre et chef libéral eut révélé, dimanche, au congrès de son parti, qu'il a enjoint Hydro-Québec de lancer les études d'avant-projet pour ériger une nouvelle série de centrales.
Petit-Mécatina se déverse dans le golfe Saint-Laurent, à la hauteur de Chevery, à 400 kilomètres à l'est de Sept-Îles. Le cours d'eau se trouve en plein territoire que revendiquent les Innus.
Ghislain Picard, le chef de l'Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador, a soulevé que Jean Charest aurait dû prévenir de l'annonce les autochtones. Le premier ministre a plutôt agi comme lorsqu'il «a vanté les mérites de son Plan nord», en septembre, a-t-il déploré.
M. Picard a fait écho aux libéraux qui ont sacré Jean Charest «grand bâtisseur», à l'égal de premiers ministres à l'auréole mythique. M. Charest se comporte comme Robert Bourassa qui, «sans injonction» par les Cris, aurait développé la Baie James sans une pensée pour leurs droits ancestraux, a glissé le chef innu.
La Fondation Rivière se prépare à remonter au front, elle qui a perdu la bataille pour empêcher le lancement des travaux pour harnacher La Romaine, aussi sur la Côte-Nord. Sa directrice, Anne-Marie Saint-Cerny, a fait valoir que le Bureau des audiences publiques sur l'environnement avait pourtant donné le feu vert à l'aménagement de La Romaine, à la condition de protéger une rivière équivalente.
Chez Québec Nature, Christian Simard signale que cette condition du BAPE, «ça correspond exactement à Gros-Mécatina». Pour lui, la déclaration de M. Charest, «c'est aussi un peu pour faire diversion» sur des affaires embarrassantes, comme la Caisse de dépôt.
C'est un peu prématuré pour une déclaration de guerre, a laissé tomber M. Simard. Il s'agit de devancer des études préliminaires longues d'au moins cinq ans, de travaux prévus pour 2017, si bien que deux ou trois gouvernements se seront succédé.
Son organisation entend miser sur la sensibilisation de la population, notamment sur de nouvelles technologies plus propres que l'hydroélectricité et sur l'économie d'énergie. «Transformer des grandes rivières sauvages en mauvais lacs artificiels, ce n'est pas anodin d'un point de vue environnemental.»












