Raymonde Saint-Germain, la dirigeante de l'institution vouée à la défense des droits des Québécois par rapport à l'État, a fourni cette assurance, hier, en conférence de presse, pour dévoiler son rapport annuel qui dénonce des «situations inadmissibles» dans l'hébergement des personnes âgées.
Mme Saint-Germain a refusé de porter un jugement sur le contrat qu'a accordé le ministère des Aînés à l'organisme sans but lucratif Dr Clown. À ses yeux, «la priorité, c'est d'abord la santé, donc les soins de santé, les soins physiques et la sécurité des personnes».
Elle s'est gardée de condamner l'initiative dévoilée par la ministre Marguerite Blais à la suite de reportages inquiétants sur la solitude que vivent des aînés dans ces établissements. «Nous avons déjà fait des recommandations pour que les milieux de vie soient plus stimulants», a rappelé Raymonde Saint-Germain.
Elle a cependant reconnu que les 300 000 $ accordés à Dr Clown représenteraient aussi un budget investi avec profit dans la certification des établissements d'hébergement privé. Mais «je ne sais pas ce que c'est ce programme», a-t-elle laissé entendre au sujet du programme qui jouit d'un financement de quatre ans.
«Nous allons demander de l'obtenir [le programme de divertissement à des fins thérapeutiques], puis nous examinerons ce que c'est. Après, nous pourrons voir s'il y a des suggestions à faire pour améliorer la pertinence du programme.» La protectrice du citoyen n'attendra pas de recevoir des plaintes pour agir.
Du chemin à faire
Son rapport annuel soulève le fait que le gouvernement a fort à faire dans le domaine de l'hébergement privé des plus vieux de la société. La capacité d'accueil de ces résidences, les conditions d'hygiène et de salubrité inquiètent la protectrice.
«Il y a urgence de rendre obligatoire l'obtention d'un certificat de conformité, écrit-elle. Il n'y a aucune assurance de respect des critères de qualité par les propriétaires.»
Son bilan annuel révèle qu'à peine 686 des 2199 résidences ont obtenu une accréditation même si la presque totalité des propriétaires de ces maisons d'hébergement ont demandé une telle reconnaissance au ministère de la Santé. Il s'agit plus que d'une simple formalité administrative, selon Raymonde Saint-Germain.
Le rapport annuel fait état de «chutes», d'insalubrité, de «mauvaises conditions», de différents traitements défectueux, a avancé la protectrice. «Si on met de l'argent au début pour certifier, donner de bons conseils, aider à former le personnel, peut-être qu'on va moins traiter de gens qui ont des hanches fracturées.»
En 2008-2009, la protectrice a reçu 21 330 plaintes. Une hausse de près de 6 % sur l'année précédente. Grave problème d'attente dans les centres de réadaptation, récriminations par rapport aux délais pour indemniser les accidentés du travail, «reports chroniques» des auditions pour la Commission québécoise des libérations conditionnelles ne sont que quelques-uns des secteurs à problèmes pour les citoyens.
Mme Saint-Germain a indiqué que ce n'est pas son rôle de cerner les priorités. Mais l'État-pourvoyeur de services doit en arrêter, a-t-elle dit, qui n'est pas «de la philosophie de la tondeuse [où] on coupe également à tous les niveaux». Sa philosophie, «c'est : priorité. (...) À mon avis, on peut travailler sur plus d'un dossier à la fois».










