Le député-ministre d'Argenteuil à l'Assemblée nationale a affirmé, hier, au Soleil qu'il est faux de prétendre qu'il est partiellement propriétaire de la firme.
En entrevue, il a corrigé qu'il est plutôt le bénéficiaire d'une fiducie sans droit de regard, où il a placé son portefeuille d'actions à son arrivée en politique, il y a six ans. Parmi les actions se trouvent des parts chez A.B.C. Rive-Nord.
«La fiducie ne participe pas aux affaires de l'entreprise, a expliqué M. Whissell. C'est dans sa constitution. Les gens qui en sont les fiduciaires, les administrateurs, si vous voulez, ne participent pas non plus aux décisions de l'entreprise.
Deux murs coupe-feu
«Ce qui veut dire qu'entre moi [et A.B.C. Rive-Nord], qui me suis détaché de la compagnie, il existe deux murs coupe-feu : une fiducie avec laquelle je n'ai pas de relations, et deux fiduciaires qui n'ont pas de relations non plus avec les entreprises qui opèrent parmi le portefeuille d'actions.»
A.B.C. Rive-Nord se trouve malgré elle mêlée à une controverse pour un contrat de sous-traitance que veut accorder le ministère des Transports. Il a trait à l'entretien hivernal d'une partie de l'autoroute 50, notamment à la hauteur de Lachute, le chef-lieu de la circonscription d'Argenteuil.
La compagnie a présenté la plus basse soumission. Mais le Syndicat de la fonction publique du Québec a déposé une mise en demeure pour bloquer la signature de l'entente parce que les autorités du ministère ne se sont pas pliées à l'exigence de la convention collective, qui précise que les syndiqués doivent être consultés avant de confier des travaux au secteur privé. Le Parti québécois accuse le ministre Whissell de conflit d'intérêts et d'apparence de conflit d'intérêts.
«La grande question dans tout cela, est-ce que par mes fonctions à la fois comme député et comme ministre, je favorise cette entreprise par mon rôle à l'Assemblée nationale et au gouvernement? a fait valoir le politicien. Je peux vous regarder dans les yeux pour dire que je ne profite pas de mon rôle» pour avantager A.B.C. Rive-Nord.
«Est-ce qu'on peut me reprocher d'avoir contribué à la décision des Transports? La réponse est non. Peut-on me reprocher l'appel d'offres public et le fait que l'entreprise est arrivée en première place? La réponse, c'est non. Est-ce que ma présence à l'Assemblée nationale et au Conseil des ministres a» provoqué «ces événements? Non!»
Pourquoi ne pas mettre fin totalement à son association et se consacrer uniquement à son poste de ministre? a demandé Le Soleil à David Whissell. «J'ai mis beaucoup d'énergie à construire ce que j'ai transféré à l'époque. Déjà , j'ai fait un grand sacrifice, j'ai pris la décision de ne plus voir à ces affaires.»
Lien affectif
David Whissell n'a pas caché qu'il existe un lien affectif dans toute cette affaire. Ses grands-parents et son père ont aussi travaillé dans ce secteur de la construction. «J'espère que mes enfants vont poursuivre.»
Il a aussi fait remarquer que la vie politique est faite d'aléas. «Des fois, la fatalité nous rattrape. On peut se réveiller au lendemain d'une élection et on n'est plus député ou ministre. Et c'est la politique qui nous remercie.
«Pourquoi je devrais mettre de côté tout ce que j'ai bâti? Je l'ai mis à distance, pour un temps. Et j'espère y retourner, un jour. [...] Avant la politique, il y a une vie. J'ai mis beaucoup d'énergie [...] pour construire cette entreprise. J'ai fait confiance à des gens pour l'administrer et j'ai tout mis ça dans une entreprise. Pour rien au monde, je ne voudrais mettre cela de côté.»
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