Selon cette logique, on pourrait comprendre que Mme Normandeau annonce la fin des référendums locaux qui donnent aux citoyens le pouvoir de bloquer la volonté des élus.
La ministre ne veut cependant pas franchir ce pas. Pas encore. La décision n'est pas prise, dit-elle. Elle pressent la réaction des citoyens et se dit «très sensible au droit de veto». «Ce n'est pas winner de mettre la hache là-dedans», perçoit-elle.
Ce qui ne l'empêche pas de plaider pour l'obligation de rendre compte et la responsabilité des élus. «Ils doivent avoir la prérogative de décider après avoir consulté, écouté et modifié les projets.»
Quant aux citoyens, ils doivent être mis «dans le coup» en «amont du processus décisionnel», pense Mme Normandeau. Comme le fait actuellement Québec pour l'avenir de la colline parlementaire, note-t-elle.
«Les citoyens ont souvent le sentiment d'être devant des faits accomplis, ce qui n'est pas sain.» Ils doivent être «partie prenante» de l'aménagement.
La ministre souhaite aussi mettre fin à la «tour de Babel» qu'est le processus actuel de changement zonage. Une mécanique longue et lourde. Elle donne l'exemple des avis légaux sur les changements de zonage rédigés dans une langue que personne ne peut comprendre.
Les changements légaux auxquels réfléchit la ministre (meilleure consultation des citoyens et abandon des référendums locaux) correspondent parfaitement aux suggestions faites l'an dernier par l'ancien maire de Québec Jean-Paul L'Allier.
«Ce sont des principes gagnants à long terme», dit croire Mme Normandeau, qui a d'ailleurs rencontré M. L'Allier.
Le maire Labeaume endosse aussi les suggestions de son prédécesseur.
Les nouvelles règles d'aménagement devront permettre «plus de flexibilité» et de «souplesse aux élus locaux», souhaite
Mme Normandeau. Elles doivent favoriser la «créativité locale» et les «choix éditoriaux par la communauté locale». «C'est fini le one size fits all.»
Est-il sage de donner aux élus locaux plus de pouvoir sur les limites du territoire agricole, comme cela a été évoqué, il y a quelques jours?
La réponse de Mme Normandeau n'est pas très claire. Les terres agricoles (2 % du territoire du Québec) «sont sacrées», dit-elle. «Elles nous permettent de nous nourrir; il faut continuer [à les protéger].»
Mais la ministre veut aussi donner «plus de souplesse aux élus» et «éviter d'opposer le monde agricole et le monde municipal».
Difficile encore de comprendre où le gouvernement souhaite aller.










