La possibilité que le député de Chauveau plonge dans la course était sur toutes les lèvres, samedi, au XXe conseil général adéquiste, à Sainte-Foy.
Un discours d'ouverture senti de l'ex-journaliste de TQS, président d'honneur du conseil, a soulevé les quelque 350 militants sur place.
Le principal intéressé confesse que les approches sont nombreuses et soutenues. Depuis la démission de M. Dumont, le député a toujours refusé d'envisager la chose.
«L'heure juste, c'est que je n'ai toujours pas l'intention de me présenter actuellement, mais que j'ai énormément de pressions, dit-il. [...] Ce n'est pas mon ambition, mais je ne peux pas non plus rester straight.»
D'un naturel loquace, M. Deltell se limite sur le sujet à de courtes réponses qu'il enrobe d'adverbes entretenant le flou : «actuellement», «pas nécessairement», «pas complètement».
Au moins un membre de l'aile parlementaire l'incite ouvertement à faire le saut. Le député Janvier Grondin ne cache pas son admiration pour son collègue et s'offre comme organisateur de campagne. «S'il lève la main, la Beauce sera derrière lui», lance M. Grondin, ajoutant que sa région est un bastion adéquiste. D'après lui, M. Deltell fera part de sa décision «la semaine prochaine».
Selon nos informations, le sénateur conservateur Léo Housakos, un spécialiste du financement à l'ADQ, a approché M. Deltell pour l'assurer de son soutien depuis le forfait de Myriam Taschereau.
L'allocution d'ouverture de M. Deltell a amené plusieurs adéquistes à s'interroger sur ses visées. «Il me semblait d'un gars qui y réfléchissait», a noté Sébastien Proulx, ex-député de Trois-Rivières. «Avec son discours de ce matin, ça me donnait l'impression qu'il testait des affaires.»
Ex-députée de Charlesbourg, Catherine Morissette se rangerait derrière M. Deltell sans hésiter s'il déposait son bulletin de candidature. «Ah! Gérard comme chef... évoque-t-elle. S'il se présentait, je fermerais mon blogue [de réflexion sur la course]. Ce serait terminé. Il le sait. Au début, quand il m'a dit qu'il n'irait pas, je lui ai dit: ?Tu aurais tout le monde en arrière de toi, c'est sûr, sûr, sûr.?»
Ex-candidat dans Rousseau, Jean-Pierre Parrot, partisan de Gilles Taillon, soupçonne même «un échange de bons procédés» entre M. Deltell et l'aspirant chef Éric Caire. «J'ai l'impression que c'est ce qui se passerait», dit-il, en référence à un ralliement de
M. Caire à l'éventuelle candidature de M. Deltell. «J'entends ça entre les branches.»
Une éventualité qu'Éric Caire ne semble pas envisager pour le moment. «Gérard a toujours dit qu'il n'avait pas d'intérêt, note-t-il. Ça ne m'apparaît pas quelqu'un qui a le nez dans le vent. [...] Ça va être difficile de me rallier à quelqu'un qui n'est pas candidat.»
Arrivé en après-midi, l'ancien chef Mario Dumont a salué le travail de M. Deltell, qui «a beaucoup de talent». «C'est un communicateur naturel, il connaît bien les enjeux politiques», a souligné M. Dumont.
Choses certaines, les spéculations entourant l'avenir de M. Deltell ont porté ombrage aux candidats officiels à la direction et à leur campagne, samedi. En début de soirée, Myriam Taschereau, qui nie avoir abandonné la course faute d'appuis, a donné son soutien à Éric Caire «si la course demeure à trois candidats».

















