Moulin de Vincennes: Québec devra refaire ses devoirs

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Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) Les objections juridiques soulevées par les opposants à la vente d'une partie du parc du moulin de Vincennes, à Beaumont,
forcent le gouvernement du Québec à refaire ses devoirs après avoir donné son approbation à la transaction.

Le porte-parole du ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan, a indiqué au Soleil qu'une analyse de l'acte manuscrit de la cession du parc au gouvernement qui remonte aux années 40 allait être faite. Il n'a pas voulu dire si la décision d'appuyer la vente des terrains pour y construire une auberge serait maintenue ou non.

Avant de prendre connaissance de la lettre des militants pour la défense du patrimoine, le bureau du ministre était beaucoup plus catégorique en soutenant que le décret qui a concrétisé la cession du parc à la municipalité de Beaumont annulait les engagements antérieurs inscrits par acte notarié, soit l'entretien et l'expansion «dans un but d'intérêt public et d'éducation nationale».

Pour sa part, le maire de Beaumont, André Goulet, entend faire adopter demain soir, à la réunion du conseil municipal, une résolution autorisant la vente d'une partie du parc du moulin de Vincennes pour y construire une auberge de 50 chambres avec vue imprenable sur le fleuve et l'île d'Orléans. «C'est avant tout une question de dynamiser notre municipalité. C'est aussi une question d'entretien du parc, de finances», a-t-il commenté.

Il a laissé entendre que la municipalité retirera des revenus de taxes avec l'auberge qui lui permettront d'éponger les coûts d'entretien du reste du parc. Il s'est inscrit en faux contre les affirmations voulant que les deux tiers de la façade du parc donnant sur le fleuve appartiendront au propriétaire de l'auberge. «Ça demeurera un parc municipal», a-t-il certifié. Quant à l'atteinte à l'intégrité patrimoniale et historique du parc, le maire n'a pas voulu faire de commentaires.

Il se refuse également de tenir un référendum sur la vente des terrains. «Je sens que la population est derrière moi sur ce projet», a-t-il dit.

Les opposants sont revenus à la charge cette semaine avec l'appui d'une vingtaine de personnes associées à la protection du patrimoine dont l'ex-ministre de l'Union nationale et député de Bellechasse, Gabriel Loubier. La présidente du Conseil des monuments et sites, Louise Mercier, et la directrice des expositions du Musée de la civilisation, Marie Émond, font également partie du groupe.

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