Le déplacement de la Conférence nationale des présidentes et présidents (CNPP) du Parti québécois de Drummondville vers la circonscription louperivoise «est clairement contre les règles», a pesté le premier ministre Jean Charest, mardi.
«Les péquistes dans Rivière-du-Loup se foutent du président d'élections, a ajouté le chef libéral. Ils se foutent des règles. [...] Y a-t-il quelqu'un qui pense que c'est une coïncidence que le PQ s'en va faire sa réunion des présidents» à cet endroit?
Le passage d'une ville à l'autre a forcé le Directeur général des élections à dicter certaines règles pour définir les dépenses qui devront être comptabilisées pour la campagne du candidat péquiste. Mardi, la porte-parole Cynthia Gagnon, du DGE, a indiqué qu'une infraction à la loi électorale peut mener à une poursuite contre l'agent officiel du parti, puis à une contestation de la validité d'une élection.
«Je ne connais pas toutes les procédures qui vont suivre, mais je fais juste parler de gros bon sens, a poursuivi le premier ministre. [...] Voyons, ces dépenses-là, il faut qu'elles soient comptées.»
Les propos de Jean Charest ont fait bondir le leader parlementaire péquiste, Stéphane Bédard, qui jure que son parti se conformera aux exigences du DGE. «Encore une fois, le premier ministre dit n'importe quoi, a répliqué M. Bédard. C'est disgracieux et c'est carrément mensonger.»
Le député péquiste note que les limousines ministérielles «payées par les contribuables» se multiplient à Rivière-du-Loup pour prêter main-forte au candidat libéral. «C'est quand même étonnant d'entendre le premier ministre alors que lui, en 1995, lors du grand love-in, il était sur la tribune lors de la plus grande violation des lois électorales au Québec», a renchéri le leader parlementaire.
Le Directeur général des élections réitère qu'il ne dépêchera aucun observateur sur place et qu'il s'en remet pour beaucoup «à la bonne foi» des partis.
Par ailleurs, l'autre élection partielle, celle de Marguerite-Bourgeoys, a aussi retenu l'attention, mardi. Le quotidien Le Devoir a écrit que le candidat libéral, l'économiste Clément Gignac, travaillait jusqu'à récemment au projet fédéral d'une commission des valeurs immobilières pancanadienne. Une initiative d'Ottawa à laquelle s'objecte farouchement le gouvernement Charest.
«Qui a trahi trahira», a lancé en Chambre la chef péquiste Pauline Marois, qui a demandé au premier ministre de désavouer son candidat.
«M. Gignac défend la position que nous défendons comme gouvernement et comme parti politique, a tranché M. Charest. C'est ça, la position de M. Gignac.»










