«Crise» et souveraineté: «le chat sort du sac»

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

«Crise» et souveraineté: «le chat sort du sac»

Agrandir

Une manchette sur l'ex-chef péquiste a de nouveau fait le bonheur de Jean Charest et des ministres de son équipe libérale.

Photo La Presse Canadienne

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Pour Jean Charest, l'ancien chef du PQ Jacques Parizeau dit tout haut ce que son successeur Pauline Marois pense tout bas lorsqu'il estime qu'une crise politique avec Ottawa serait très utile à la cause souverainiste.

Une manchette sur l'ex-chef péquiste a de nouveau fait le bonheur de Jean Charest et des ministres de son équipe libérale. Hier, celle du Devoir revenait sur un discours prononcé, samedi, au colloque des Intellectuels pour la souveraineté. Jacques Parizeau y mentionne, en s'en amusant, qu'un de ses anciens conseillers lui faisait valoir que «pour faire la souveraineté, il faut une crise».

À son auditoire, composé de «vieux camarades de combat», l'indépendantiste de toujours laisse tomber que «c'est évident qu'un référendum sur un sujet défini peut créer une crise», une allusion au plan lancé récemment par Pauline Marois pour réaliser la souveraineté en rapatriant des pouvoirs qu'exerce Ottawa.

Pendant que Mme Marois prenait garde de contredire son ancien chef, Jean Charest, lui, a profité de la première occasion pour accuser ses adversaires du Parti québécois d'hypocrisie.

Marois écope

«M. Parizeau dit à voix haute ce que Mme Marois ne veut pas dire», a lancé le premier ministre aux journalistes. «J'ai une question très simple à poser à tous les députés du PQ : est-ce qu'ils sont d'accord, oui ou non, avec M. Parizeau?» a-t-il repris en Chambre.

Selon M. Charest, Mme Marois ne peut se dissocier de la position tenue par Jacques Parizeau. «Elle dirait le contraire que cela n'aurait aucune crédibilité. Quand il a pris la parole, de toute évidence, il était bien informé de la stratégie de

Mme Marois. Il avait même des sondages en main», commandés par le PQ et le Bloc québécois.

«Est-ce qu'on peut avoir plus tordu que de souhaiter du tort aux citoyens du Québec pour faire avancer la cause de la souveraineté?» a martelé le chef libéral, à l'Assemblée nationale. «Vouloir nuire aux intérêts du Québec ne peut être autre chose qu'un mauvais calcul», a-t-il mentionné en point de presse.

Les ministres Claude Béchard (Ressources naturelles) et Jacques Dupuis (leader parlementaire) ont eu les mêmes mots pour commenter la situation. «Le chat sort du sac.»

Pour M. Dupuis, «ça fait leur affaire [aux partisans du PQ] de créer des crises pour arriver à leurs fins». M. Béchard a soutenu que tout ce que Pauline Marois veut mettre en place, «c'est quelque chose pour provoquer une belle grosse chicane constitutionnelle».

Depuis Montréal, où elle participait à une conférence, la chef du PQ a pris le parti de Jacques Parizeau tout en évitant d'accréditer la thèse qu'elle veut provoquer un affrontement avec le gouvernement fédéral. «Nous ne souhaitons évidemment pas des crises. S'il devait y en avoir, ce serait plutôt Ottawa qui les provoquerait.»

Situation «profitable»

Pauline Marois a admis à demi-mot qu'une telle situation serait profitable à l'option politique qu'elle défend. «Quand des choses comme celles-là arrivent», a-t-elle évoqué au sujet de l'échec de l'accord du lac Meech, à la fin des années 80, cela «choque [les Québécois] et, les choquant, des fois, ils se disent peut-être qu'on devrait faire autre chose.»

À Québec, le leader parlementaire du PQ, Stéphane Bédard, a tout fait pour ne pas se prononcer sur le profit que peuvent tirer les tenants de l'indépendance d'un affrontement avec Ottawa. «Ce que nous souhaitons, c'est que le Québec avance. [...] Ce qui est clair, c'est que M. Charest est le premier premier ministre, depuis l'échec de 1981 [lors du rapatriement de la Constitution], à ne pas réclamer de pouvoirs» du gouvernement fédéral.

Pour le Comité national des jeunes du PQ, un affrontement pourrait être salutaire au mouvement souverainiste. La vice-présidente aux communications Gabrielle Lemieux s'en remet au fait que, «traditionnellement», Ottawa «se ferme les yeux et les oreilles», lorsque le Québec lui fait parvenir des demandes. «C'est sûr que cela peut créer une crise où les Québécois se rendront compte [...] que ça [le fédéralisme] ne fonctionne pas. Mais le but du plan [Marois] n'est évidemment pas de créer une crise», a-t-elle insisté.

Dans son allocution, Jacques Parizeau cite les données d'une enquête d'opinion. Elle mentionne que 49 % des Québécois souhaitent l'accession du Québec à la souveraineté, mais que seulement 34 % croient que cela se réalisera. Selon le sondage, les 54 à 65 ans sont majoritairement souverainistes, mais les 35 à 44 ans le seraient moins. Cette génération, commente l'ex-chef péquiste, a «décroché». Elle avait 20 ans au référendum de 1995 et elle a «l'impression profonde de s'être fait avoir».

Avec la collaboration de La Presse Canadienne

Cyberpresse vous suggère

  • Gilbert Lavoie | Le discours de Monsieur

    [ Chroniqueurs ]

    Le discours de Monsieur

    Il fallait bien une manchette dans Le Devoir, un journal soi-disant sympathique à la cause souverainiste, pour créer un tel embarras au... »

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer