Le PPP d'Amir Khadir

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Le PPP d\'Amir Khadir

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L'unique député élu de Québec solidaire a fait un prêt de 28 500 $ à son parti.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Appelons cela le PPP d'Amir Khadir, le «prêt personnel à son parti». Pour subvenir aux besoins de la petite formation de gauche dont il est devenu le premier élu, M. Khadir a prêté 28 500 $ à... Québec solidaire (QS).

Le député n'est pas le seul «banquier» de son genre à ainsi allonger un prêt à la dernière formation politique à accéder aux banquettes du Salon bleu. Cent dix autres «solidaires» ont fait de même.

Quelques noms attirent l'attention dans les états financiers du parti, publié par le Directeur général des élections (DGE). Évidemment, la chef extraparlementaire Françoise David y est allée de son effort : 8000 $, avancé avant le déclenchement du scrutin de 2007. À la même date, le médecin, écrivain et activiste Serge Mongeau a fait un geste semblable, pour 5000 $.

En entrevue, le député de Mercier a présenté ce recours comme une solution parfaitement alignée sur les convictions des adhérents de la formation. «Nous nous sommes dits que nous allions appliquer les valeurs de solidarité et que nous le ferions avec des prêts solidaires.»

Selon le bilan financier, Québec solidaire doit près d'un demi-million de dollars à ses militants. De cette somme, 250 000 $ ont été recueillis en 2008, selon toute vraisemblance pour les élections générales qui ont eu lieu le 8 décembre.

La formule donne l'avantage à la jeune formation d'aller chercher beaucoup plus chez un même citoyen qu'il ne le pourrait en s'en remettant à un don. Si la loi accorde un crédit d'impôt aux donateurs de parti, elle interdit à un électeur de donner plus de 3000 $ par an.

Le DGE a confirmé la légalité du procédé, pourvu que le parti paye les intérêts annuels et rembourse peu à peu ce qu'il doit. Les états financiers indiquent que Québec solidaire s'est acquitté d'une facture de 11 392 $, l'an passé, tout en remettant près de 70 000 $ à ses créanciers.

Le même document précise le taux d'intérêt que touche le prêteur. Dans le cas d'Amir Khadir, il a eu droit à 6,5 %, pour une première avance, en 2004, et 6 %, pour une seconde, en 2007.

«Si vous voulez de bons taux d'intérêt, je vous encourage, vous et vos lecteurs [à prêter à Québec solidaire]», a lancé le député, mi-sérieux, mi-blagueur. «Un parti habituellement, ça ne fait pas faillite. Et il me semble que 6 %, c'est bien mieux que ce que donnent les banques.»

Car «c'est pour se passer des banques» que la formation s'endette auprès de ses partisans. De la même manière que le Québec, plutôt que d'emprunter sur les marchés financiers, pourrait contracter des emprunts à de bons taux auprès de la Caisse de dépôt et placement.

«La Caisse ferait de bonnes affaires, a poursuivi Amir Khadir. Et le Québec ne serait plus sujet à des phénomènes de spéculation. Il pourrait se passer de la Banque Royale ou de Moody's ou de Standard & Poor's, en contournant les banques.»

Amir Khadir ne nie pas qu'il y a un aspect idéologique à se tourner vers la formule du prêt. Mais il fait aussi remarquer qu'il s'agit d'une recette «qui se pratique déjà à plusieurs niveaux dans les organismes communautaires quand les gens traversent des périodes difficiles».

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