«L'avenir de l'ADQ n'est pas à droite» - Sébastien Proulx

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«L\'avenir de l\'ADQ n\'est pas à droite» - Sébastien Proulx

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Pour Sébastien Proulx, il est hors de question de se joindre à un parti souverainiste.

Le Soleil, Erick Labbé

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) N'en déplaise aux «dogmatiques, aux idéologues et aux Jean-François Plante de ce monde», l'avenir de l'Action démocratique du Québec n'est pas à droite, lance son ex-leader parlementaire Sébastien Proulx.

Dans une lettre ouverte (publiée dans le site Internet suivant : lesoleil.cyberpresse.ca), celui qui a été député de Trois-Rivières de mars 2007 à décembre 2008 met en garde les militants adéquistes contre la tentation de se radicaliser vers cette extrémité du spectre politique.

«L'ADQ n'est pas le véhicule de la droite. Sinon, j'en descends aussitôt», avertit celui qui a été un des rares élus de l'Action démocratique à avoir fait bonne impression lorsque la formation a tenu le rôle d'opposition officielle à l'Assemblée nationale.

Le terrain du centre droit

«Je ne suis pas à droite dans la vie, ajoute-t-il en entrevue. [...] Je le suis encore moins depuis que j'ai des enfants. Je n'émane pas de là.» Selon lui, l'ADQ doit viser le «terrain du centre droit», même s'il n'est pas seul sur ce territoire que patrouillent déjà le Parti libéral du Québec et le Parti québécois.

M. Proulx concède que son analyse sera mal accueillie par une faction adéquiste, en particulier par Jean-François Plante, controversé candidat de l'ADQ en 2007, et maintenant quatrième aspirant déclaré à la succession du chef démissionnaire Mario

Dumont.

Lors de son entretien téléphonique, M. Proulx a ajouté qu'il n'a pas beaucoup apprécié les propos de l'ex-président du Conseil du patronat Michel Kelly-Gagnon lors du récent congrès adéquiste. Inciter les militants à s'afficher comme partisans de la droite, «ça veut dire la fin de l'interventionnisme à tous crins», plaide M. Proulx.

L'ex-politicien soutient qu'il est critique de l'État-providence. Mais il ne veut pas son abolition. Selon lui, «il faut des finances publiques en santé pour les prochaines générations, [...] mais aussi répondre à des besoins d'une population qui est bien souvent nécessiteuse».

Sur la question des assistés sociaux, il «faut les aider, mais pas à n'importe quel prix, pas au prix de la paresse», surtout pour les jeunes. Par contre, nuance-t-il, il ne faut pas «anéantir l'ensemble de l'oeuvre à cause de ça».

«Pour survivre, [l'ADQ] devra se faire rassurante», précise en entrevue Sébastien Proulx, maintenant avocat pour la prestigieuse firme Heenan Blaikie. Il rappelle que les élus péquistes ou libéraux, qui ont «rationalisé les dépenses», n'ont jamais senti le besoin de s'accoler l'étiquette «gouvernement de droite». Si l'ADQ ne recentre pas son discours, elle se condamne à rester là où elle se trouve, au niveau d'un «groupe de pression», analyse-t-il.

L'idée fédérale

Sébastien Proulx fait partie d'un nouveau groupe de réflexion, L'idée fédérale. «Mes affinités politiques» appartiennent à cette famille politique. Il est donc hors de question de se joindre à un parti souverainiste.

Il est moins catégorique en ce qui concerne une formation fédéraliste, comme l'est celle du libéral Jean Charest. «Dans la vie, rien n'est impossible.»

Pour l'instant, il n'a pas déclaré «la fin des émissions» pour l'ADQ. Si la formation veut surnager, croit-il, elle doit «rallier pour gagner. Ça prend une structure nationale, des membres, des figures connues et reconnues». Ce qui n'est pas acquis.

Sébastien Proulx n'a pas pris position dans la course à la direction de l'ADQ. Il «avait un préjugé favorable envers Gilles Taillon», en raison de sa notoriété. À deux reprises, M. Proulx a évoqué que des changements «peuvent se faire avec un leader charismatique». De son avis même, aucun des prétendants à la succession de Mario Dumont ne correspond à la définition de «leader charismatique».

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